La Société Générale prépare ses équipes à la révolution du réseau
La banque de détail est promise à de profonds bouleversements, et la Société Générale s’y prépare. Le groupe met la dernière main à une feuille de route 2016-2020 qui annonce une vaste réorganisation de son réseau de 3.160 agences (dont 913 au Crédit du Nord). Laurent Goutard, directeur de la banque de détail en France, en a livré les grands principes fin mai aux organisations syndicales du groupe. Interrogée, la banque répond qu’elle compte rendre son dispositif omnicanal plus réactif et flexible pour le client.
Les données du problème sont multiples et connues. La fréquentation des points de vente physiques baisse, les contacts à distance explosent, de nouveaux acteurs de la finance apparaissent et s’attaquent à des maillons de la chaîne comme le paiement, la pression consumériste et réglementaire pousse les tarifs à la baisse… Dans l’esprit des dirigeants de la Société Générale, l’activité de détail peut s’attendre dans les dix ans à une révolution bien plus compliquée à gérer que celle que connaît aujourd’hui la banque d’investissement, car les effectifs concernés y sont très supérieurs.
Mais, forts des tendances observées chez Boursorama, ils relativisent aussi l’urgence du changement: les pures banques en ligne n’ont pas éclipsé les réseaux, le crowdfunding reste très marginal, l’Uber ou l’Airbnb de la finance n’est pas encore apparu. De quoi laisser le temps aux enseignes en dur de s’adapter, tout en comptant sur Boursorama comme «assurance vie» si le rythme de la disruption venait à s’accélérer.
La feuille de route 2016-2020 devrait notamment tirer les leçons des tests menés depuis l’an dernier dans le réseau. Ces expérimentations ont porté sur trois grands thèmes. Des conseillers clientèle grand public en agence ont mutualisé leur portefeuille et l’accueil des clients en agences; les agences les plus petites et les moins fréquentées ont rapproché leurs forces de vente et limité leurs horaires d’ouverture; enfin, les centres de relation à distance, baptisé CRCM, ont élargi le champ de leurs missions. Les premiers retours seraient positifs ou neutres, selon les éléments – non chiffrés – communiqués fin mai.
A l’avenir, les CRCM devraient donc prendre en charge une part croissante des opérations de banque au quotidien. En zone urbaine, des regroupements d’agence autour de centres d’expertise sont à prévoir. Avec, en ligne de mire, la poursuite des fermetures d’agences et de lourds investissements en informatique et en formation.
Plus d'articles du même thème
-
L’actionnariat salarié affiche sa résistance
Au sein du SBF 120, 40 opérations collectives ont été menées en 2025, pour une collecte de 3,8 milliards d’euros. Plus d’un salarié sur trois est actionnaire. Les salariés détiennent de nouveau plus de 3% de l’indice. -
BNP Paribas s'engage sur cinq ans avec Google Cloud
Quelques mois après avoir signé avec Mistral, BNP Paribas cultive sa stratégie multicloud et multimodèle en signant un accord avec Google Cloud. -
Bessemer Venture Partners lève 5,75 milliards de dollars pour mener plus loin les start-up de l'IA
En une seule levée, la firme californienne du capital-risque a réuni 1,75 milliard de dollars destinés à investir dans les phases initiales de développement d'entreprises IA-natives, et 4 milliards pour renforcer l'accompagnement de ces participations au fil de leur croissance dans un contexte où une éventuelle introduction en Bourse intervient plus tardivement.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Après les polémiques, Marine Le Pen réaffirme que la France n'a « plus les moyens » d’aider l’Ukraine
Gabriel Attal, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont livré jeudi une passe d’armes par interviews interposées sur la question de l’aide financière à l’Ukraine. -
Pourquoi les influenceurs catholiques ont-ils la cote sur les réseaux sociaux ?
Frère Paul-Adrien, l'abbé Matthieu Raffray, sœur Albertine… Depuis plusieurs années, les religieux et laïcs catholiques agrandissent leurs communautés sur les réseaux sociaux, mais tous ne défendent pas le même modèle du vivre ensemble -
Touché couléGabriel Attal cherche la faille pour faire baisser Edouard Philippe dans les sondages
En demandant un doublement des aides ciblées pour les automobilistes français, Edouard Philippe a jeté le trouble dans son parti. Gabriel Attal s'en est emparé en présentant un plan de sérieux budgétaire et en excluant toute hausse des aides. Le nouvel épisode d'un face-à-face qui se tend