La Société Générale obtient un rabais dans l’affaire Euribor
La réduction d’amende accordée à la Société Générale par la Commission européenne fera date dans l’histoire de sa politique anticartel. A la suite d’un recours devant la Cour de Justice de l’Union Européenne, destiné à contester le mode de calcul de la pénalité infligée dans le cadre de l’affaire des taux Euribor, les services de Bruxelles «ont accepté le nouveau calcul de la valeur des ventes et rendront (…) une décision correctrice réduisant [son] montant», a indiqué la banque dans un communiqué.
«La Société Générale accepte l’amende calculée sur la base des chiffres corrigés, ce qui rend caduc le recours devant la Cour de Justice», poursuit le document, qui ne précise pas le montant du rabais qui sera concédé. Après trois ans d’enquête, la Commission européenne avait infligé fin 2013 plus d’un milliard d’euros d’amendes à Deutsche Bank (465,8 millions), à la Société Générale (445,8 millions) et à RBS (131 millions) pour avoir manipulé entre septembre 2005 et mai 2008 les taux Euribor.
Alors que Barclays aurait dû écoper de la plus forte amende (690 millions d’euros), qui peut théoriquement représenter jusqu’à 10% du chiffre d’affaires concerné, la banque britannique avait bénéficié d’une immunité en étant la première à dénoncer le cartel. En acceptant de coopérer, les trois autres banques avaient obtenu des rabais allant de 50% pour RBS, la plus prompte, à 5% pour la Société Générale. Leur volonté de transiger avec Bruxelles leur avait encore fait gagner 10%.
Face au scandale, la Société Générale avait rapidement contre-attaqué. A l’instar du dossier Kerviel, la banque avait ainsi souligné que les agissements répréhensibles étaient «pour la quasi-totalité le fait d’un opérateur» et «réalisés à l’insu de sa hiérarchie et du management de la banque». Sans contester le fond de l’affaire, la banque de la Défense avait en outre introduit en février 2014 un recours devant la Cour de Justice pour revoir le calcul de l’assiette de l’amende.
La Société Générale soulignait pour sa défense que «les valeurs retenues (…) sur la base de cette méthode ne refléteraient pas les positions respectives des banques poursuivies sur le marché concerné». Inédite depuis le lancement à l’été 2008 du «programme de clémence» de la Commission, qui vise à favoriser la coopération et limiter la contestation, cette procédure a finalement fait plier la Commission et pourrait donner des idées à d’autres groupes.
Plus d'articles du même thème
-
Grâce aux buralistes, Nickel compte conquérir les pros accros au cash
Offre pour les petits pros en septembre, assurance auto en novembre… L’établissement de paiement poursuit l’élargissement de sa gamme pour mieux équiper ses cinq millions de clients. -
Contentieux boursier 2025-2026 : une saison particulièrement fournie (1/2)
Henri-Louis Delsol, avocat associé et Dafna Davidova, avocat chez Delsol avocats, examinent dans cette tribune en deux parties les contentieux boursiers de 2025 et 2026. Avec ce premier volet, ils analysent dans le détail trois des cinq affaires emblématiques de cette période. -
New York pourrait moins bien réussir à Novo Nordisk qu’à TotalEnergies
Le directeur général du laboratoire danois a évoqué une possible cotation de l'action Novo Nordisk à Wall Street. En décembre dernier, TotalEnergies a effectué un mouvement similaire et surperforme depuis ses concurrents en Bourse. Pour Astrazeneca, qui a franchi le pas en février, le bilan est moins favorable.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
Contenu de nos partenaires
-
Face à faceRachida Dati à son procès : « Je ne suis pas une ingénieure, mais pas une dilettante »
L'ancienne ministre s'est affrontée avec le procureur du PNF qui soutient qu'elle a fait du lobbying pour Renault-Nissan au Parlement européen -
Le péril jeuneEmploi des jeunes : les réformes inachevées
Malgré les réformes de l'apprentissage et des lycées pro, le chômage des jeunes repart à la hausse, le nombre de décrocheurs aussi. Economistes et partenaires sociaux tirent la sonnette d'alarme, les candidats pour 2027 restent absents -
EditorialBudget : déjà un exercice d’équilibre précaire
Au regard des exigences de redressement des comptes du pays et notamment de réforme de son modèle social, la lettre récemment envoyée par Sébastien Lecornu aux parlementaires du Parti socialiste devrait sonner comme une alerte rouge. Le Premier ministre propose en effet au PS de reprendre avec eux le travail commun d’élaboration du budget pour 2027, en ouvrant une négociation « mesure par mesure » sur le modèle de ce qui avait été fait l’an dernier, après l’explosion en plein vol de son prédécesseur, François Bayrou. De quoi inquiéter tous ceux qui ont en mémoire la liste noire des concessions faites à la gauche, dont la suspension de la réforme des retraites, et le grand délire fiscal dont la France a été le théâtre pendant des semaines, à coups de taxe Zucman par-ci, de chasse aux riches par-là.