La Société Générale et AllianceBernstein s’allient dans les marchés actions
La banque Société Générale a annoncé mardi avoir conclu un accord avec le spécialiste de la gestion d’actifs et de la recherche AllianceBernstein en vue de créer une coentreprise regroupant leurs activités de «cash» actions et de recherche actions.
La Société Générale détiendra dans un premier temps 51% de cette coentreprise, qui «fournirait aux investisseurs des conseils en investissement, des perspectives sur les marchés actions américains, européens et d’Asie-Pacifique ainsi qu’un accès inégalé à la liquidité et à une technologie de pointe en matière d’exécution», a précisé la banque française dans un communiqué. Au bout de cinq ans, Société Générale aura la possibilité de monter à 100% du capital de la coentreprise, qui sera basée à Londres et sera «gérée sous forme de partenariat de long terme entre ses deux actionnaires sous le nom de Bernstein».
Les modalités financières de l’opération n’ont pas été communiquées
A la finalisation de l’opération, prévue avant la fin 2023, «Robert van Brugge, actuellement directeur général de Bernstein Research Services, deviendrait directeur général de la nouvelle entité pour un mandat initial de cinq ans», a indiqué la Société Générale. Stéphane Loiseau, le directeur de l’activité cash actions de la banque, sera parallèlement nommé directeur général adjoint de la coentreprise.
La Société Générale a précisé que «ce projet de création d’une franchise actions de premier plan serait relutif à partir de 2025» pour le groupe et se traduirait par une hausse de la rentabilité (ROTE) estimée entre 15 et 20 points de base. «L’impact estimé sur le ratio CET1, déjà pris en compte dans la cible 2025 du groupe présentée aux résultats financiers du deuxième trimestre 2022, serait limité à environ 10 points de base à la finalisation de l’opération», a précisé la banque.
«Ce nouveau projet de partenariat s’inscrit pleinement dans la stratégie de la banque d’investissement de la Société Générale. Il renforcerait la diversification des activités, tant sur le plan géographique que par la nature des revenus générés, ces derniers étant constitués de commissions avec un profil de risque faible. La combinaison de ces activités de recherche et d’exécution permettrait de renforcer la relation clients, élargir la franchise et gagner des parts de marché», a également souligné la Société Générale.
Le projet a été approuvé par les conseils d’administration de la Société Générale et d’AllianceBernstein et est soumis à la consultation des instances représentatives du personnel et à l’obtention des autorisations réglementaires requises, a précisé la Société Générale.
Signé Slawomir Krupa
Slawomir Krupa, futur directeur général du groupe et patron de la banque d’investissement, travaillait depuis un an sur ce projet, indique un proche du dossier. L’annonce de cette opération constitue un signal fort alors que beaucoup de banques ont choisi de se retirer de la recherche et du cash actions en Europe - dont Natixis et Crédit Agricole CIB, qui ont apporté leurs activités à Oddo et Kepler respectivement. La réglementation MIF 2 a pénalisé la rentabilité de ce métier, poussant à une vague de consolidation, et par le passé, le marché s'était interrogé sur la volonté de la Société Générale d’en rester l’un des acteurs.
«Bien que l’impact financier soit limité, nous nous posons des questions sur cette évolution vers une activité structurellement difficile en termes de rentabilité», réagissent mardi les analystes actions de JPMorgan dans une note.
L’action Société Générale abandonnait 0,5% à 23,8 euros à la mi-journée.
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