La Société Générale est invitée à des cessions dans la perspective de Bâle 3
Les banques françaises font régulièrement l’objet de l’attention de certains financiers anglo-saxons, inquiets d’un supposé manque de capital réglementaire à la veille de l’application des mesures de Bâle 3 et de la directive communautaire CRD 4. Ne dérogeant pas à cette règle, JPMorgan Cazenove estime dans une note publiée hier qu’un «renforcement des fonds propres est indispensable à toute réévaluation du titre de la Société Générale».
Ce renforcement passe, selon la filiale européenne de l’établissement américain, par la cession d’activités. Elle en a ainsi identifié quatre, qui pourraient rapporter 5,5 milliards d’euros à la Société Générale (dont les comptes annuels seront publiés le 16 février): 2,4 milliards d’euros pour l’assurance (10 fois son bénéfice estimé en 2012 et 1,4 fois sa valeur nette comptable), 1,7 milliard d’euros pour les services titres SG Securities Services (trois fois les revenus estimés en 2010), 800 millions pour la participation de 50% dans la société de courtage spécialisée dans les dérivés Newedge (1,3 fois la valeur nette comptable et 16 fois son bénéfice estimé en 2012) et 600 millions pour la filiale américaine de gestion obligataire TCW (12 fois ses bénéfices).
«L’apport en capital de la vente de ces actifs représenterait seulement 1,7 milliard de d’euros, mais le gain total en fonds propres ordinaires, tels que définis par les règles de Bâle 3, serait significativement plus élevé, à 5,4 milliards d’euros. Car les cessions permettraient une reprise de survaleurs de 1,3 milliard et une baisse des exigences réglementaires de 2,4 milliards», indiquent les analystes. Cette stratégie permettrait en outre à la banque de céder notamment ses activités affichant un rendement des fonds propres plus faible (l’assurance et TCW).
Si la direction de la Société Générale n’a jamais affirmé vouloir céder l’une des activités mentionnées, la position de JPMorgan Cazenove ne paraît pas illogique. Depuis l’annonce de son plan stratégique Ambition 2015, le groupe français concentre ses ressources sur trois activités prioritaires: son réseau français, la banque de détail internationale et la banque de financement et d’investissement (BFI). Il s’est en grande partie retiré de la gestion d’actifs (en direct) en apportant sa filiale SGAM lors de la création d’Amundi avec Crédit Agricole AM contre une participation de 25% dans le nouvel ensemble.
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