La Société Générale cherche à mutualiser ses fonctions comptables
La banque travaille à un projet de centralisation. Une plate-forme unique pourrait être installée à Bucarest pour servir l’Europe
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Alexandre Garabedian
Ambition 2015, le plan stratégique de la Société Générale, fait la part belle aux mutualisations de moyens au niveau mondial. Dans cette logique, la banque a lancé un nouveau projet, la «filière finance», dont les détails pourraient être présentés dans les prochaines semaines aux partenaires sociaux. La Société Générale ne s’exprime pas sur le sujet.
L’idée est de mutualiser et de centraliser un certain nombre de traitements, dans la partie comptable et le contrôle de gestion, tout en s’appuyant sur un outil de gestion unique fourni par SAP. Un groupe de travail, baptisé «localisation des ressources», a notamment planché sur la création d’une plate-forme comptable qui assurerait l’ensemble des travaux de comptabilité pour les implantations de la banque dans les pays d’Europe centrale et orientale, selon plusieurs sources internes. Cette plate-forme pourrait être installée à Bucarest, en Roumanie, où la Société Générale contrôle la deuxième banque du pays. «Le projet aura forcément des implications sur les services centraux du groupe et sur certaines filiales», relève une source interne.
Pour ses activités en Asie, le groupe s’appuie déjà sur une plate-forme basée à Bangalore, en Inde. Ce Global Solutions Centre s’occupe de réconciliation de comptes ou de la production d’états comptables et de gestion, mais a un champ beaucoup plus large qui comprend le développement informatique et la gestion de bases de données.
La filière finance n’est qu’un des nombreux projets esquissés en juin 2010 dans la présentation d’Ambition 2015. La convergence informatique entre la Société Générale, Boursorama et le Crédit du Nord, qui s’est traduite en début de mois par la création d’une direction informatique commune (Siop), en constitue l’un des gros morceaux. Le groupe avait aussi promis une standardisation des fonctions support, et déploie une méthode d’optimisation des processus (lean management).
Ces chantiers, qui doivent contribuer à faire passer le coefficient d’exploitations sous les 60% dès 2012, prolongent le plan d’efficacité opérationnel engagé sur la période 2008-2010. Quelque 300 projets avaient alors permis de réaliser des économies cumulées d’un milliard d’euros en année pleine en 2010.
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