La Société Générale avance à son tour sur son dossier grec
La Société Générale et Piraeus Bank ont annoncé hier «être entrés en négociations exclusives concernant l’acquisition potentielle par Piraeus Bank de Geniki Bank, filiale à 99,1% de Société Générale», confirmant une information de l’agence Reuters de mardi soir.
Le groupe français a répondu à une demande du régulateur grec, qui, depuis qu’il supervise la restructuration du secteur bancaire hellène, demande régulièrement aux établissements de fournir des éclaircissements dès que des rumeurs se font insistantes. Les autorités avaient ainsi usé du même procédé qui, fin août, avait poussé la Société Générale et Piraeus Bank à faire état de discussions «à un stade avancé».
L’avancée de la vente d’Emporiki, filiale grecque du Crédit Agricole, lundi dernier, a été déterminante. «Le cas d’Emporiki était vraisemblablement le préalable à l’accélération des négociations relatives à Geniki», commente un banquier.
Cela dit, la banque française n’a donné aucun détail sur les termes de l’accord en discussion, qui demeure donc inconnu. Toutefois, étant donné les pertes répétées de Geniki (66 millions d’euros au premier trimestre 2012, 796 millions en 2011 et 411 millions en 2010), l’hypothèse est grande pour que l’on s’oriente vers un règlement proche de celui d’Emporiki. A savoir: une cession pour un euro symbolique, une dernière recapitalisation de Geniki par la Société Générale et un processus de débouclage des lignes de financement consenties par la maison mère. Au 30 juin 2012, le groupe détenait une dette subordonnée de 125 millions d’euros sur sa filiale.
En revanche, les deux processus diffèrent sensiblement dans la mesure où ils ne revêtent pas du tout le même enjeu pour leurs actionnaires respectifs. Les encours de prêts d’Emporiki pèsent encore 23 milliards d’euros, contre 2,15 milliards pour Geniki.
Crédit Agricole SA (la structure cotée de la banque verte) va injecter 2,85 milliards d’euros de fonds propres dans sa filiale. En début d’année, la conversion des avances d’actionnaires en actions Emporiki avait déjà injecté deux milliards de capital. De son côté, la Société Générale avait souscrit à une augmentation de capital de 575 millions l’année dernière.
En outre, la pénurie de liquidités (funding gap) de Geniki, que la Société Générale doit combler, reste limitée, tandis que le besoin de refinancement d’Emporiki atteignait encore 4,6 milliards d’euros au 30 juin.
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