La Société Générale augmente son PDG de près de 18 %
Année du retour à la normale pour les banques, 2010 marque aussi la fin de la pause observée dans les rémunérations de leurs patrons. En témoignent les nouvelles règles publiées discrètement par la Société Générale sur son site internet. Le 7 mars, le conseil d’administration a porté la rémunération fixe du PDG Frédéric Oudéa de 850.000 à un million d’euros pour 2011. Soit une augmentation de 17,6%. Un montant auquel il faut ajouter les 300.000 euros annuels que le dirigeant perçoit pour avoir renoncé à son contrat de travail en 2009 et au régime de retraite chapeau qui l’accompagnait.
Les trois directeurs généraux délégués du groupe voient également leur salaire fixe augmenter: de 7,7% pour Bernardo Sanchez-Incera, à 700.000 euros, et de plus de 18% pour Séverin Cabannes et Jean-François Sammarcelli, à 650.000 euros.
L’exercice 2011 verra aussi le retour des parts variables, mais pas des stock-options. Le PDG de la Société Générale avait renoncé comme tous les patrons de banques françaises ayant reçu fin 2008 le soutien – temporaire – de l’Etat. La délibération du 7 mars concrétise la récente directive européenne sur la rémunération des dirigeants de banque. Le groupe plafonnera ainsi à 20% le montant du variable versé immédiatement en cash. Pour Frédéric Oudéa, ce montant atteint 598.400 euros. Le reste de la rémunération variable, dont le paiement sera différé de un à quatre ans, représente aux cours actuels un maximum théorique d’environ 2,6 millions d’euros, selon nos calculs.
Dans le détail, 25% de ce variable différé sera indexé sur la performance future de l’action et versé en cash fin mars 2012. Il représente l’équivalent de 12.163 actions pour Frédéric Oudéa, et autour de 6.800 pour ses DG délégués. Le titre Société Générale a clôturé hier à 44,60 euros. Les trois quarts restants de ce variable différé sont soumis à des conditions de performance: 30%, soit 523.600 euros pour le PDG, seraient versés en cash en mars 2014, notamment si le bénéfice par action 2013 égale au moins 75% du BNPA 2010. Un objectif qui peut paraître peu ambitieux. Encore faut-il que la banque respecte sa promesse de ne pas augmenter son capital pour respecter les nouvelles normes Bâle 3. Plus difficile, les 70% restants seront constitués d’actions de performance, acquises en totalité (34.461) seulement si la rentabilité après impôt de la banque (ROE) dépasse 15% en 2012, l’objectif que s’est fixé la Société Générale.
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