La Sareb est engagée dans une course contre la montre pour capter des fonds privés
L’horloge tourne pour le gouvernement espagnol. Face au peu d’enthousiasme montré par les investisseurs privés pour entrer au capital de ce véhicule, le ministère de l’Economie a décidé de confier aux cinq banques d’investissement Goldman Sachs, Citi, Barclays, Nomura et Nmas1 la mission de trouver les actionnaires privés pour entrer au capital de la bad bank.
Au total, le Fonds de restructuration bancaire (Frob) a besoin de 2,2 milliards d’euros de fonds privés, dont 500 millions d’euros en equity et le reste en dette subordonnée rémunérée à 8%. L’objectif est de doter la Sareb de 3,9 milliards d’euros de fonds propres dans un premier temps puis de 5 milliards d’euros dans la deuxième phase. L’Etat ne doit en aucun cas être actionnaire majoritaire pour éviter que les émissions de la Sareb soient comptabilisées comme dette publique.
Selon la presse espagnole, le ministère de l’Economie souhaiterait que les grandes banques du pays apportent 500 millions d’euros en capital et souscrivent à des obligations de dette subordonnée de la Sareb pour une valeur de 1,5 milliards d’euro. Mais il rencontre peu d’enthousiasme. Si le ministre a réussi à obtenir l’accord de Santander, BBVA a exprimé ses réticences.
Selon le quotidien Expansion, le président de BBVA Francisco Gonzalez n’est pas sûr que l’investissement garantisse un retour pour ses actionnaires et craint qu’une participation dans la bad bank contamine les banques saines.
Du côté des investisseurs étrangers, la frilosité est aussi de mise. Carles Vergara, professeur d’économie à l’IESE Business School, pense que si les investisseurs hésitent, c’est parce «qu’ils estiment que les décotes ne sont peut-être pas suffisamment importantes ou que les avantages offerts par le gouvernement ne sont pas suffisamment attractifs».
Selon Expansion, les fonds Lone Star, Cerberus et Fortress ont envoyé une lettre aux autorités espagnoles qui allait dans ce sens. Les fonds souhaiteraient obtenir une rentabilité de 8% garantie sur toute la durée de leur investissement.
Selon Carles Vergara, si le gouvernement n’arrive pas à les convaincre, il devra réviser ses ambitions à la baisse en diminuant la taille de la Sareb. Les actifs toxiques devront être transférés à partir du 1er décembre à la Sareb, et représentent 44 milliards d’euros au total.
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