La réforme Vickers affectera les détenteurs d’obligations de banques britanniques
Alors que le rapport Vickers de la Commission bancaire indépendante (ICB) va transformer en profondeur le système bancaire d’outre-Manche, il n’est pas non plus sans conséquence pour les investisseurs de dette.
Dans une note publiée hier, Moody’s estime que ces mesures ne vont pas déclencher de modifications de notation immédiates des banques britanniques. «Les propositions de l’ICB […] doivent être encore formellement approuvées par le gouvernement. La législation nécessitera un long processus d’élaboration et une période de mise en œuvre […] qui pourrait s’étendre jusqu’à 2019. La probabilité que les mesures soient différentes des propositions n’en est que plus grande», indique l’agence. Une opinion que partage sa rivale Standard & Poor’s.
Moody’s prévient en revanche que «si elles étaient appliquées en l’état, les propositions auraient à plus long terme des conséquences négatives sur les obligations émises par les banques les plus importantes». En effet, la commission Vickers préconise notamment la possibilité de faire subir des pertes aux détenteurs d’obligations seniors non garanties en cas de faillite.
Moody’s relativise toutefois ces conséquences néfastes: le renforcement des exigences de solvabilité et la simplification de la structure des entités filialisées («ring-fenced banks»), suggérés dans le rapport, compenseraient partiellement l’effet négatif de crédit. Ainsi, même si la note globale des groupes n’était pas modifiée, la réforme serait positive pour les activités filialisées de banque de réseau, leur protection leur offrant une plus grande régularité de leurs revenus. Elle serait donc négative pour les activités non filialisées («non-ring-fenced banks»), aux revenus plus volatils et aux coûts de financement plus élevés.
En outre, le rapport Vickers préconise pour les filiales un niveau minimum de fonds propres plus élevé que celui prévu par la réglementation internationale de Bâle 3. L’agence y voit un élément de protection supplémentaire. «Les trois institutions les plus susceptibles d’être affectées par les mesures de filialisation sont Barclays, RBS et HSBC, au regard de la taille de leurs activités au Royaume-Uni», estime S&P. En revanche, selon l’agence, l’augmentation de la capacité d’absorption des pertes à 20% des actifs devrait toucher les groupes dont les bilans sont les plus internationalisés, donc les moins concernés par la filialisation, comme HSBC et Standard Chartered.
Plus d'articles du même thème
-
La France espère fédérer le G7 sur la résolution des déséquilibres mondiaux
Face à une Chine puissante par ses exportations mais entraînant d’importants déséquilibres macroéconomiques, Roland Lescure souhaite faire adopter aux ministres des finances du G7 une méthode de résolution et une coopération renouvelée. -
Olivier Blanchard relance son projet de dette commune européenne
L'ex-directeur général du FMI et Angel Ubide, cadre de Citadel, viennent de préciser leur proposition pour créer des eurobond et doter la zone euro d'un actif refuge. Une solution taillée pour désamorcer les oppositions politiques, alors que l'Europe veut gagner en souveraineté financière. -
Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
La responsable des fusions-acquisitions de la banque d’investissement du Crédit Agricole a débuté dans le monde du M&A au milieu des années 90. Elle ne l’a plus quitté depuis et explique comment elle a réussi à atteindre son poste actuel tout en distillant des conseils aux femmes souhaiteraient faire carrière dans ce métier encore très masculin.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Partenaires particuliersA l'Assemblée, le RN, roue de secours du bloc central
Après la parenthèse budgétaire négociée avec les socialistes, le gouvernement trouve désormais plus facilement des appuis auprès du Rassemblement national. Une dépendance de plus en plus visible dans l’hémicycle -
Liste d'attenteRoyaume-Uni : l'après Keir Starmer, une transition ordonnée… mais longue
Le déclenchement d’une procédure pour remplacer le Premier ministre britannique est désormais lié au résultat de l’élection partielle de Makerfield, près de Manchester. -
CampagnesAnnie Genevard : « On ne peut pas rester à un tel niveau de conflictualité sur l'agriculture. Ce n'est pas sain »
La ministre de l'Agriculture défendra le texte de la loi d'urgence agricole à l'Assemblée nationale à partir du mardi 19 mai, avec la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut