La réforme du calcul des actifs pondérés des banques gagne des partisans
Après s’être beaucoup intéressés au numérateur du ratio de solvabilité des banques – le capital – les régulateurs commencent à se soucier du dénominateur: le calcul des actifs pondérés du risque (RWA). Le groupe de travail Liikanen s’est aussi saisi du sujet dans le cadre de ses travaux sur la structure des banques, et ne ménage pas ses critiques.
«Les RWA calculés par les modèles internes des banques individuelles peuvent différer significativement pour un même risque», souligne le rapport. Il estime que la pondération des risques sur les portefeuilles immobiliers est trop basse par rapport à l’historique de pertes. De même, l’appréciation du risque sur les portefeuilles de trading, un dossier que le Comité de Bâle entend réformer, est sujette à des erreurs de modèle.
Pour le groupe Liikanen, il faut donc «un floor robuste sur les RWA calculés par des modèles internes», c’est-à-dire une limite à l'économie de fonds propres que les banques réalisent par rapport à un modèle standard. «La mise en place d’un ratio de levier minimum comme filet de sécurité à l’exigence en capital par les risques pondérés est bienvenue», ajoute-t-il.
Le ratio de levier simple, sans pondération des risques au bilan, gagne des partisans en Europe. Andrew Haldane, membre de la BoE, a estimé fin août qu’en utilisant le leverage ratio plutôt que le très complexe ratio de solvabilité Bâle 2, il aurait été plus facile de prédire quelles banques allaient faire faillite à partir de 2007.
La montée en puissance du ratio de levier au détriment de l’approche RWA constituerait une nouvelle victoire du modèle de régulation anglo-saxon sur l’Europe continentale. Jamie Dimon, le patron de JPMorgan, avait accusé en mai les banques européennes de sous-estimer leurs risques pondérés grâce à leurs modèles internes. Heureuse coïncidence, ses analystes actions chiffraient début septembre à plusieurs milliards de dollars le montant de capital qu’UBS ou Credit Suisse devraient trouver s’ils s’alignaient sur les méthodes de Goldman Sachs ou Morgan Stanley.
Dans le camp d’en face, les détracteurs du ratio de levier soulignent qu’il accélère la désintermédiation et la diffusion des risques, comme l’a montré la crise des subprimes. Les banques américaines, qui publient leurs positions de dérivés nettes et non pas brutes comme les banques européennes, peuvent aussi minorer leur levier apparent.
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