La réduction du nombre d’agences bancaires préoccupe les parlementaires
Les questions des parlementaires présents à la table ronde sur la transformation des services bancaires organisée mercredi par la Commission des finances du Sénat avaient, pour beaucoup, la même teneur. Elles reflétaient l’inquiétude des sénateurs, et donc celle des territoires qu’ils représentent, sur la baisse tendancielle du nombre d’agences bancaires. L’attachement des populations à l’accès aux services bancaires traditionnels, via des agences, reste un sujet de préoccupation. Les propos de cette table ronde n’étaient pas sans rappeler le plan stratégique de la Banque Postale, entreprise publique, dans lequel il est fait la part belle au réseau.
Maya Atig, directrice de la Fédération bancaire française, a résumé la situation, en déclarant avec une pointe d’ironie que «la somme de toutes les exigences envers les banques reviendrait à un maintien d’une présence à l’identique, de l’innovation -ce qui nécessite des investissements et des coûts-, avec des tarifs faibles pour tous et à tout moment ». Le tout alors que les exigences prudentielles réclament une meilleure rentabilité pour que les banques puissent disposer des coussins de fonds propres leur permettant de maintenir l’activité à un haut niveau. Sur la présence territoriale, elle considère qu’aujourd’hui, les banques disposent d’«un réseau qui se maintient à chaque fois que cela est possible et d’une capacité de service considérable».
Avec six grands réseaux bancaires nationaux, 36.000 agences bancaires, et une diminution de leur nombre de seulement 1,9% l’année dernière, la France reste un des pays d’Europe où la présence physique demeure la plus importante et où la baisse a été la moins marquée. Entre 2014 et 2019, le nombre d’agences en France est passé de 60 pour 100.000 habitants à 52, selon les données de S&P Global Ratings. A titre de comparaison, elles sont passées en Espagne, de plus de 90 à 51 dans le même temps, en Italie, de 57 à 40, et en Allemagne de 48 à environ 32. Il n’empêche, la crainte d’une dégradation de l’accès aux services bancaires en France demeure.
Et si d’autres thèmes ont été abordés pendant cette table ronde, le maillage des agences n’était jamais loin. L’articulation du modèle des banques traditionnelles avec les fintechs, par exemple, a aussi donné lieu à des réflexions et interrogations sur le fait que ces nouveaux acteurs contribuaient peut-être à une «déshumanisation» des services bancaires. Les banques sont prévenues : le sujet reste sensible.
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