La réassurance en France pourrait avoir connu son pic d’activité en 2012
Le marché hexagonal de la réassurance a frôlé la surchauffe en 2012. Les primes brutes encaissées par les membres de l’Association des professionnels de la réassurance en France (Apref) ont bondi de 22%, à 6,8 milliards d’euros. «Il y a une probabilité assez forte qu’on redescende en dessous de 6 milliards en 2013», prévient François Vilnet, président de l’Apref.
Des éléments «non reproductibles» ont selon lui porté le marché. Alors que la réassurance vie a progressé de 6%, à 2 milliards d’euros, la réassurance dommages a grimpé de 31%, à 4,8 milliards d’euros, dopée par l’auto (+177% à 660 millions) et les garanties accident (+447 % à 200 millions).
En prévision de Solvabilité 2, «certains assureurs ont souhaité renforcer leur solvabilité», explique François Vilnet qui dénonce au passage une réglementation «absolument pas adaptée à la réassurance». Le phénomène avait déjà joué, dans une moindre mesure, en 2012. Il serait accentué par la volonté de la Chancellerie de revaloriser les rentes versées aux victimes des accidents de la route, qui inquiète la Fédération française des sociétés d’assurance. «Le corporel grave est très réassuré, donc on est très concernés», indique le président de l’Apref qui estime que les évolutions réglementaires «vont toucher principalement les petites sociétés» d’assurance.
Avec 4% des primes mondiales, le marché français occupe le cinquième rang mondial. A l’échelle globale, le volume de primes a augmenté de 4,5% en 2012, à 230 milliards de dollars (176 milliards d’euros), tandis que le coût des catastrophes naturelles a chuté de 120 milliards de dollars à 70 milliards pour les assureurs, selon les données Sigma.
En 2012, l’ouragan Sandy aux Etats-Unis a fait moins de dégâts que les tremblements de terre au Japon et en Nouvelle-Zélande et les inondations en Thaïlande qui ont marqué 2011. Pourtant, le ratio combiné des réassureurs en non-vie s’est seulement amélioré de 5 points de base, à 105%, selon les premières estimations. Ce niveau «reste très élevé par rapport à la moyenne des dix dernières années et aux objectifs de rentabilité des réassureurs», regrette François Vilnet. Le rendement actuel des actifs ne permet pas d’atteindre un rendement des fonds propres supérieur à 10%, qui nécessiterait un ratio combiné voisin de 95%.
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