La question d’un soutien de Berlin à Deutsche Bank est posée
La banque allemande, qui risque une lourde amende aux Etats-Unis, pourrait avoir à mener une augmentation de capital périlleuse.
Publié le
Julien Beauvieux
Deutsche Bank lutte depuis plusieurs années contre des litiges juridiques.
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Crédit Deutsche Bank.
Les craintes entourant Deutsche Bank s’amplifient. Alors que la banque pourrait écoper d’une amende de plusieurs milliards de dollars dans le dossier des titrisations immobilières résidentielles (RMBS), l’idée que Berlin serait opposé à toute aide a fait plonger son action de 7%, à un record de 10,55 euros. Le prix de l’obligation additional tier one (AT1) 6% en euros n’est qu’à quelques encablures du plus bas de 71% du pair inscrit en février.
Dans le sillage des affirmations du week-end du magazine Focus, selon lequel Angela Merkel écarterait toute aide à Deutsche Bank à un an des élections nationales, Hans Michelbach est monté au créneau. Membre de la commission des Finances du Bundestag, le vétéran de la CSU qui s’est opposé au sauvetage de la Grèce a jugé «inimaginable» tout soutien financier à la banque allemande, qui «a la capacité de se sortir de cette situation par elle-même». La banque allemande s’en tient aussi à cette position. «Il n’est pas question actuellement d’une augmentation de capital [car] nous satisfaisons à toutes les normes réglementaires», a déclaré un porte-parole. Alors que la banque a vu ses résultats fondre au deuxième trimestre, les stress tests de l’EBA ont cependant mis en lumière la fragilité de sa position.
«Deutsche Bank a probablement un déficit en fonds propres durs de 3 milliards d’euros par rapport à sa cible de 12,5% à fin 2018», estime Citigroup, qui ajoute que le montant nécessaire pour atteindre un ratio de levier de 4,5% pourrait totaliser 8 milliards. Etant donné une valorisation tombée sous 0,3 fois l’actif net, la direction est «réticente pour lever du capital (…), mais la seule alternative est de réduire encore le bilan, ce qui pénaliserait encore plus les résultats», ajoute la banque américaine. Interrogé par Bloomberg, Andreas Utermann, CIO d’Allianz GI, estimait hier que Berlin serait forcé d’intervenir en cas de spirale négative autour de l’action.
Outre un modèle économique à rebâtir, la banque allemande doit depuis plusieurs années lutter contre des litiges juridiques qui lui ont coûté l’an passé 5,2 milliards d’euros de provisions. Alors que John Cryan s’est engagé à tourner la page des litiges cette année, la facture pourrait être très lourde pour les actionnaires. En se basant sur le montant payé en 2014 par BoA, Deutsche Bank pourrait débourser plus de 4 milliards d’euros dans le dossier des RMBS.
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