La pression monte autour de JPMorgan et de ses dirigeants
Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan, en est persuadé: la banque sortira «renforcée» de la tourmente dans laquelle elle se trouve depuis l’annonce la semaine dernière d’une perte de 2 milliards de dollars dans ses activités de couverture. L’optimisme affiché par le dirigeant hier lors de l’assemblée générale risque néanmoins d’être soumis à rude épreuve dans les prochains jours.
Selon les médias américains, le département de la Justice et le FBI ont ouvert une enquête sur ce dossier. L’investigation n’est qu’à un stade préliminaire, précisent-ils, mais les autorités souhaiteraient faire la lumière sur les raisons de la perte de la banque et vérifier qu’elle n’est pas la cause d’actes criminels. La Securities and Exchange Commission (SEC) et la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) ont également mandaté des enquêtes sur les activités de marchés de la banque à New York. Ces investigations s’ajoutent à la pression politique. Timothy Geithner, le secrétaire d’Etat au Trésor, a réaffirmé publiquement que la mésaventure de JPMorgan militait pour un renforcement des réformes de la finance. Un message clair à l’adresse de Jamie Dimon, partisan d’une moindre régulation.
En attendant, le PDG a contenu l’opposition des actionnaires lors de l’assemblée générale, alors que la capitalisation boursière de la banque a fondu de 14 milliards de dollars en trois séances de bourse. Proposée par des actionnaires, la résolution demandant la séparation des fonctions de président et de directeur général n’a obtenu que 40,1% de vote favorable, un taux relativement proche de celui constaté récemment lors des AG d’AT&T ou d’Honeywell sur le même thème.
De même, le plan de rémunération des dirigeants a été approuvé, à titre consultatif, avec un taux de 91,5%, mieux que les 73% de 2011, selon le chiffre révélé lors de l’AG. Mais selon des cabinets de conseil aux actionnaires, une grande partie des votes de ce scrutin consultatif a été recueillie avant l’annonce de la perte sur les marchés, ce qui expliquerait le fort taux d’approbation.
Jamie Dimon a perçu 23 millions de dollars en 2011, tout compris, autant qu’en 2010. Ina Drew, qui a démissionné lundi de la tête de l’activité à l’origine de la perte, a perçu 14 millions de dollars. La banque a confirmé réfléchir à demander aux dirigeants remerciés de rendre leur rémunération en actions.
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