La position de François Pérol à la tête de BPCE paraît fragilisée
Accueilli à la présidence de BPCE en février 2009 par une polémique sur les conditions de sa nomination, François Pérol voit trois ans plus tard l’affaire rebondir sur le terrain judiciaire. La Cour de cassation a ordonné hier l’ouverture d’une information judiciaire pour prise illégale d’intérêt, annulant le refus d’enquête opposé en mars 2011 par la cour d’appel de Paris. La procédure est née d’une plainte des syndicats Sud et CGT de BPCE, qui accusent l’ex-secrétaire général adjoint de Nicolas Sarkozy à l’Elysée d’avoir pris les rênes du groupe bancaire après avoir supervisé le rapprochement des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires.
BPCE ne fait pas de commentaire. Un conseil de surveillance, prévu de longue date, s’est tenu hier et a à peine abordé la question. Mais cette affaire, qui par un hasard du calendrier se trouve relancée un mois après le changement de majorité politique, suscitera des questions sur l’avenir de François Pérol à la tête du groupe. Du moins sur sa capacité à renouveler un mandat qui s’achève en juillet 2013. D’autres changements, plus sûrs, sont à venir au directoire: Olivier Klein, en charge de la banque de détail, est candidat à la direction générale de la Bred.
«On sent depuis quelque temps que le balancier est revenu du côté des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne, avec à nouveau des discours sur l’autonomie de décision des banques en région», indique une source interne. Celles-ci peuvent trouver le temps long: elles ont été privées de dividende au titre de 2011, ont injecté 2 milliards d’euros au printemps dans l’organe central BPCE SA, et les Caisses d’Epargne ont dû déprécier leurs titres de 1,1 milliard.
Le poste de président du directoire peut susciter davantage de vocations qu’en 2009. François Pérol est arrivé pour tirer les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires de l’ornière où les avait plongées, entre autres, Natixis. En 2008, le groupe a perdu 1,8 milliard d’euros. Il en a gagné 2,6 milliards l’an dernier, et a remboursé les 7 milliards qu’il devait à l’Etat.
«En termes de solidité, BPCE est devenu le deuxième groupe bancaire français, derrière BNP Paribas, indique un ancien cadre dirigeant. Si la crise s’aggrave, François Pérol peut jouer la carte financière». La banque, elle, commencera à travailler en septembre à un nouveau plan stratégique.
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