La perte chez UBS relance les questions sur le contrôle des traders
Nouveau coup de tonnerre dans les salles de marchés. UBS a annoncé hier avoir été victime de transactions non autorisées d’un trader provoquant une perte d’environ 2 milliards de dollars (1,66 milliard d’euros). «Il est possible que cela conduise UBS à faire état d’une perte au troisième trimestre 2011», précise la banque dans un bref communiqué. Le titre a chuté hier de 10,8% à 9,75 francs suisses.
Agé de 31 ans et basé à la City, le trader soupçonné a été arrêté jeudi. Son identité n’a pas été officiellement révélée mais plusieurs médias avancent le nom de Kweku Adoboli. Selon son profil LinkedIn, ce trader est directeur des opérations ETF et Delta One de la banque d’investissement d’UBS à Londres.
Cette fraude est la plus importante enregistrée depuis 2008: la Société Générale avait perdu 4,9 milliards d’euros après avoir dû déboucler les 50 milliards de positions non autorisées de Jérôme Kerviel. Le fait que le trader français officiait dans l’équipe Delta One de la Société Générale relance les questions sur le contrôle de ce métier. L’activité est pourtant a priori simple: elle consiste à être teneur de marché, pour le compte de clients, sur des indices actions ou des ETF. La banque fait, à côté, de l’arbitrage pour compte propre en profitant par exemple des décalages entre la valeur d’un indice et de ses composantes, mais les volumes en jeu sont généralement limités.
«C’est effarant qu’un trader puisse provoquer de telles pertes en 2011 après les sévères leçons que toutes les banques auraient dû retenir depuis la fraude de Jérôme Kerviel», déplore Simon Morris, juriste chez CMS Cameron McKenna.
UBS devra expliquer dans les prochains jours comment un tel accident a été possible. Mais depuis la fraude retentissante de Nick Leeson qui fit tomber la Barings en 1995 après une perte de 1,4 milliard de dollars depuis Singapour, l’histoire se répète. Avant Jérôme Kerviel, Brian Hunter, trader chez Amaranth Advisors, détenait le record avec une perte de 6,4 milliards de dollars sur des contrats de gaz naturel.
Outre la Société Générale, d’autres banques françaises ont connu la même mésaventure. En 2007, Crédit Agricole CIB (Calyon à l’époque), avait subi une perte de 347 millions de dollars sur le marché des dérivés à NewYork. A l’automne 2008, la Caisse d’Epargne a révélé une ardoise de 750 millions d’euros sur son portefeuille pour compte propre, pourtant en cours de fermeture.
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