La perspective des stress tests met la pression sur Banca Carige

La Consob reproche à la caisse d'épargne de Gênes d’avoir sous-évalué ses pertes. Ce qui ferait enfler ses besoins en fonds propres
Antoine Landrot

Mauvaise nouvelle pour Banca Carige. La Consob, le gendarme des marchés italien, a contesté mercredi les comptes de la caisse d’épargne de Gênes, huitième établissement transalpin par les actifs (44 milliards d’euros) et dixième par la capitalisation. Conséquence, le titre a terminé la séance en baisse de 2,41% à la Bourse de Milan (à 0,43 euro).

La Consob reproche à Carige des erreurs dans ses comptes 2012 et ceux du premier semestre 2013. Alors que la caisse d’épargne a déclaré une perte de 30 millions d’euros à fin juin, elle a recalculé ses résultats en tenant compte des remarques du superviseur. Selon l’hypothèse la plus défavorable, les pertes se monteraient à 602 millions d’euros. Pour l’exercice 2012, Carige aurait sous-estimé ses pertes de moitié (63 millions, contre 133 millions selon le scénario le plus défavorable). Tout en menant cet exercice, l’établissement, audité par EY, a toutefois rejeté les conclusions de l’autorité.

Quelles conséquences sont à attendre? «La plupart des conclusions de la Consob ont déjà été intégrées dans les comptes du troisième trimestre par la nouvelle direction», nuance Luigi Tramontana, analyste chez Banca Akros. Carige a en effet enregistré une perte de 1,31 milliard d’euros au 30 septembre, après avoir déprécié ses survaleurs de 1,65 milliard d’euros.

Carige fait partie des 15 établissements italiens supervisés par la Banque centrale européenne (BCE) en 2014, dans le cadre de sa revue de la qualité des actifs (asset quality review, ou AQR). L’AQR est le prélude aux prochains tests de résistance de l’Autorité bancaire européenne – un processus qui entre dans le cadre de la mise en place du mécanisme de supervision unique pour les banques de la zone euro.

Chacun joue une partie serrée. Dans les pays où le système financier compte parmi les plus fragiles, les autorités poussent leurs établissements à nettoyer leurs bilans. Le taux net de créances douteuses atteignait en Italie 15,6% au 30 septembre, en hausse de 69% en montant depuis le début de l’année. Avant même que la Consob ne conteste ses comptes, Carige devait renforcer ses fonds propres de 800 millions d’euros avant la fin du mois de mars. La caisse est contrôlée à 46,6% par la fondation CR Genova e Imperia. L’affaire est aussi suivie avec attention de l’autre côté des Alpes: le groupe mutualiste français BPCE détient en effet 9,99% de Carige.

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