La perspective des stress tests met la pression sur Banca Carige
Mauvaise nouvelle pour Banca Carige. La Consob, le gendarme des marchés italien, a contesté mercredi les comptes de la caisse d’épargne de Gênes, huitième établissement transalpin par les actifs (44 milliards d’euros) et dixième par la capitalisation. Conséquence, le titre a terminé la séance en baisse de 2,41% à la Bourse de Milan (à 0,43 euro).
La Consob reproche à Carige des erreurs dans ses comptes 2012 et ceux du premier semestre 2013. Alors que la caisse d’épargne a déclaré une perte de 30 millions d’euros à fin juin, elle a recalculé ses résultats en tenant compte des remarques du superviseur. Selon l’hypothèse la plus défavorable, les pertes se monteraient à 602 millions d’euros. Pour l’exercice 2012, Carige aurait sous-estimé ses pertes de moitié (63 millions, contre 133 millions selon le scénario le plus défavorable). Tout en menant cet exercice, l’établissement, audité par EY, a toutefois rejeté les conclusions de l’autorité.
Quelles conséquences sont à attendre? «La plupart des conclusions de la Consob ont déjà été intégrées dans les comptes du troisième trimestre par la nouvelle direction», nuance Luigi Tramontana, analyste chez Banca Akros. Carige a en effet enregistré une perte de 1,31 milliard d’euros au 30 septembre, après avoir déprécié ses survaleurs de 1,65 milliard d’euros.
Carige fait partie des 15 établissements italiens supervisés par la Banque centrale européenne (BCE) en 2014, dans le cadre de sa revue de la qualité des actifs (asset quality review, ou AQR). L’AQR est le prélude aux prochains tests de résistance de l’Autorité bancaire européenne – un processus qui entre dans le cadre de la mise en place du mécanisme de supervision unique pour les banques de la zone euro.
Chacun joue une partie serrée. Dans les pays où le système financier compte parmi les plus fragiles, les autorités poussent leurs établissements à nettoyer leurs bilans. Le taux net de créances douteuses atteignait en Italie 15,6% au 30 septembre, en hausse de 69% en montant depuis le début de l’année. Avant même que la Consob ne conteste ses comptes, Carige devait renforcer ses fonds propres de 800 millions d’euros avant la fin du mois de mars. La caisse est contrôlée à 46,6% par la fondation CR Genova e Imperia. L’affaire est aussi suivie avec attention de l’autre côté des Alpes: le groupe mutualiste français BPCE détient en effet 9,99% de Carige.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester