La performance des réseaux de la Banque Verte déçoit en dépit de comptes solides
Crédit Agricole SA (CASA), la structure cotée de la banque verte, a créé la surprise hier en publiant des comptes trimestriels nettement supérieur aux anticipations des analystes. Elle a réalisé un bénéfice net de 339 millions: un montant en baisse de 10,6% par rapport au deuxième trimestre 2010, mais qui reste largement supérieur au consensus, établi à 196 millions. Cette performance paraît d’autant plus notable que la banque a passé une charge exceptionnelle de 653 millions d’euros liée à la crise grecque.
Un résultat séduisant en apparence, dont la formation laisse pourtant un goût d’inachevé: en effet, «le bénéfice net de toutes les divisions opérationnelles est inférieur aux attentes, mis à part la banque de financement et d’investissement (CA CIB, ndlr), en ligne, et la banque de détail à l’international, supérieur au consensus de 4%», relève Alex Koagne, analyste chez Natixis dans une note.
C’est en fait le pôle Compte propre et divers qui fait la différence. Il affiche une perte nette de 168 millions d’euros (contre 196 millions un an plus tôt) alors que les analystes qui suivent la valeur étaient plus pessimistes et anticipaient 386 millions de déficit. «Cette amélioration provient notamment de produits indexés sur l’inflation, qui, dans le contexte actuel, ont profité à la banque. Mais ces effets seront difficiles à reproduire», souligne un analyste.
Certains professionnels se sont déclarés surpris notamment par les chiffres des réseaux de détail en France. Certes, les caisses régionales et LCL ont contribué à hauteur de 55% aux revenus du groupe Crédit Agricole (qui réunit les caisses régionales, LCL, CASA et leurs filiales). Mais leurs produits nets bancaires (PNB) souffrent la comparaison: il baisse légèrement (-1%) chez LCL et augmente de 2% aux caisses régionales. Les progressions sont de 2,9% pour BNP Paribas et de 5,5% pour Société Générale, grâce à l’intégration de la SMC.
Enfin, la collecte de dépôts est devenue un enjeu fondamental, à l’heure où les établissements cherchent à améliorer leur liquidité pour faire face aux futures exigences réglementaires de Bâle 3. Loin d'être déshonorants (+5% pour les caisses et +8,8% pour LCL), les réseaux français de l’Agricole ont été toutefois moins performants que leurs concurrents: la Société Générale et BNP Paribas ont vu leur collecte progresser de 10%.
{"title":"","image":"77347»,"legend":"CREDIT AGRICOLE LEVEES»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre