La morosité du trading actions mine les résultats de Credit Suisse
Le directeur général de Credit Suisse, Brady Dougan, a mis hier en cause «des faibles volumes d’échanges sur les marchés et une activité clientèle ralentie» pour expliquer la chute de 74% du résultat net de la banque au troisième trimestre, à 609 millions de francs (452 millions d’euros). Pour un produit net bancaire en repli de 25% à 6,28 milliards. Une déconvenue, plus marquée qu’attendu et qui n’a «rien de rassurant» aux yeux de Matthew Clark chez KBW. Elle s’explique avant tout par les aléas de la banque d’investissement.
Cette dernière a vu son bénéfice imposable reculer de 77% à 395 millions de francs, sous le coup d’une prudence accrue des clients et de volumes d’émission limités côté actions. D’un trimestre à l’autre, les revenus du trading actions reculent de 28%. A l’inverse, les résultats sur les taux se sont révélés supérieurs aux attentes, avec un recul limité à 8%, grâce notamment aux RMBS, les titres adossés à des créances hypothécaires résidentielles aux Etats-Unis. Les principales concurrentes américaines ayant déjà publié leurs résultats trimestriels ont concédé un repli d’un quart en moyenne de leur activité de trading.
Credit Suisse a cependant fait part d’«un mois de juillet particulièrement faible, une évolution saisonnière normale en août et une certaine amélioration en septembre». Et le directeur financier David Mathers a fait valoir que cette tendance favorable se confirme en octobre.
Le résultat imposable en repli de 4% de la banque privée (836 millions) est plus encourageant. La banque a notamment bénéficié d’afflux nets de capitaux de 12,6 milliards de francs. Brady Dougan assure que «le secteur est proche du bas du cycle». En gestion d’actifs enfin, le bénéfice imposable a cédé 57% à 135 millions de francs, ici encore pourtant soutenu par une collecte nette positive de 3,6 milliards de francs. Les placements traditionnels ont certes subi une décollecte de 1,5 milliard, en parallèle à un afflux net de 5,2 milliards sur les placements alternatifs, portés notamment par l’immobilier, les matières premières ou les fonds indiciels cotés (ETF).
Credit Suisse, qui a publié un ratio tier one en hausse de 0,4 point sur le trimestre à 16,7%, a précédemment indiqué que les évolutions des exigences réglementaires en termes de capitaux ne nécessitent pas d’évolution de sa politique de distribution.
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