La mésaventure de Bankia ne freine pas le processus de fusion des caisses espagnoles
Les trois établissements bancaires issus de la fusion de sept caisses d´épargne, Ibercaja, Liberbank et Caja3 ont décidé de fusionner pour constituer le septième groupe financier du pays. Ibercaja possédera une participation majoritaire de 46,5% dans ce nouveau groupe, qui détient un volume d’actifs de 114 milliards d’euros et un total de 6 millions de clients. Liberbank aura 45,5% des parts et Caja3 8%, selon trois communiqués transmis par les conseils d’administration de chaque organisme à l’autorité des marchés espagnols CNMV.
La création de ce nouveau groupe constitue une nouvelle étape du processus de restructuration des caisses d’épargne espagnoles entamé en 2008 sous l’impulsion du gouvernement espagnol. L’Espagne est ainsi passée de 45 à 18 caisses d’épargne régionales, la plupart d’entre elles ayant été transformées en entités bancaires. Liberbank, en juin 2011, puis Caja3, en novembre 2011, avaient elles-mêmes déjà été soumises à un processus de fusion afin d’augmenter leur rentabilité, suite à l’explosion de la bulle immobilière.
Selon Miguel Angel Bernal, professeur d’économie à l’Institut d’Etudes Boursières, «ce serait l’une des dernières pièces de ce processus de restructuration, avant de savoir ce qui va se passer avec les deux caisses d’épargne Unicaja et Marenostrum (MNG)». D’après Javier Santoma, professeur d’économie à l’école de commerce IESE, cette fusion n’aurait pas beaucoup de sens car ces caisses n’ont pas de ligne commerciale complémentaire.
De plus, au lendemain du sauvetage historique de Bankia, établissement né de la fusion de sept caisses d’épargne, et vu le coût de l’opération pour l’Etat, les experts se demandent s’il est pertinent d’unir des caisses fortement exposées aux créances douteuses pour former des entités bancaires de grande taille. Selon Javier Santoma, le processus de fusion a plus mulitiplié les problèmes des caisses qu’il ne les a résolus.
De son côté, Miguel Angel Bernal estime qu’il faudrait désormais attendre le résultat des audits comptables pour pour ne pas répéter les erreurs du passé comme dans le cas de Bankia. Il ne serait pas surpris si l’entité fusionnée annonçait avoir besoin de ressources additonnelles. Mais le Fonds de restructuration financière (Frob), créé en 2009 pour restructurer le système financier, est désormais «complètement à sec après l’aventure de Bankia», avertit le professeur.
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