La Maif milite pour davantage de rigueur dans son développement

La réorientation de la mutuelle passe par trois vecteurs : internet, l’assurance de personnes et la maîtrise des coûts
Antoine Landrot

A l’instar de la GMF lundi, la progression astronomique du bénéfice consolidé du groupe Maif en 2010 (+259% à 18,7 millions d’euros) n’est guère parlante. La mutuelle évoque «la forte diminution des retraitements de consolidation», alors que le résultat social diminue de 40% (à 22,5 millions) en raison d’éléments fiscaux.

Plus significatifs sont les efforts menés par l’assureur pour réorienter son modèle. «Nous devons réduire notre dépendance vis-à-vis de la sinistralité en IARD», indique Roger Belot, son PDG. En effet, la sinistralité pèse sur les comptes de la plupart des mutuelles d’assurance. Elle atteint 2,05 milliards d’euros chez la Maif (-3,8%), dont une charge nette de 73 millions liée aux événements climatiques.

Les efforts se sont révélés payants: le chiffre d’affaires en vie a progressé de 22% à 788 millions d’euros en 2010, un montant encore jamais atteint. L’assurance-vie et l’épargne retraite en représentent 95%, la prévoyance 5%. En comparaison, les revenus en IARD ont progressé de 2,4% (à 2,36 milliards d’euros). En outre, un plan d’action prévoit une meilleure sélection des clients et une application plus stricte des clauses des contrats. La Maif entend ainsi dégager 50 millions d’économie par an dans l’automobile. Les sociétaires de la Maif constituent le vivier principal de l’assurance de personnes: 10% d’entre eux disposaient d’un contrat de ce type en 2010. L’objectif est de porter la proportion à 15% en 2015.

Le groupe mutualiste veut aussi faire d’internet un canal de distribution majeur. Il ne propose pas d’offre spécifique mais permet souscriptions et déclarations de sinistres 100% en ligne. Il revendique 9 millions de visites sur son site en 2010 (deux fois plus qu’en 2009) et vise encore un doublement pour 2011. «Nous avons enregistré 10.000 adhésions en 2010, soit le double de 2009, et 60.000 contrats ont été signés via le site», affirme Pascal Demurger, le directeur du groupe.

La productivité est le dernier vecteur de repositionnement. La renégociation des accords d’entreprise datant de 1997 est en cours mais promet d’être longue. Le personnel au siège (30% des 7.000 salariés) sera réduit via le non-renouvellement de départs et les réorientations vers l’opérationnel. Le réseau sera également «modifié»; le traitement téléphonique accru de 20 à 25% pour 2015 «sans augmenter les effectifs». La réorganisation sera présentée au comité d’entreprise en septembre.

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