La Macif réalise un aller-retour fructueux dans Maurel & Prom
La chasse aux plus-values est ouverte chez les assureurs, qui s’apprêtent à clôturer un exercice 2011 bien difficile. La Macif a ainsi réalisé hier un aller-retour fructueux au capital de Maurel & Prom, une très ancienne participation qui vaut aussi au président de la mutuelle, Gérard Andreck, de siéger au conseil du groupe pétrolier comme administrateur vice-président.
Un bloc de 6,86% du capital de Maurel & Prom, correspondant exactement aux 8,32 millions d’actions aux mains de la Macif, a été échangé hier matin à 9h12 au prix de 13,3 euros par titre. Un paquet que l’assureur s’est vendu à lui-même, selon des courtiers. Interrogé par L’Agefi, le groupe confirme qu’il s’est livré à un achat-vente.
«Cette opération nous permet de constater une plus-value tout en conservant la même exposition sur cette participation, explique Olivier Arles, son directeur financier. Elle anticipe aussi un éventuel alourdissement de la fiscalité sur les plus-values actions en 2012».
La participation dans Maurel & Prom était valorisée à 15,3 millions d’euros dans les comptes de la mutuelle à fin 2010. La transaction a été réalisée hier à un prix de 111 millions, soit une plus-value avant impôt d’environ 95 millions d’euros pour le groupe. Ce gain n’apparaîtra pas dans les comptes en normes IFRS, qui ne reconnaissent pas de telles opérations d’achat-vente. En revanche, il jouera bien sur les comptes de l’assureur en normes françaises, qui servent de base au calcul des fonds propres prudentiels. «Dans le calcul de la marge de solvabilité, le gain sur la participation dans Maurel & Prom, jusqu’ici considéré comme une plus-value latente, ira directement grossir les fonds propres par le biais du résultat», précise Olivier Arles.
La Macif a bien besoin de ce coup de pouce compte tenu des éléments négatifs qui vont l’affecter par ailleurs. A fin juin, elle affichait 1,1 milliard de dettes périphériques dans ses portefeuilles, dont 55 millions sur la dette grecque (après une dépréciation de 13,7 millions imputée à hauteur de 10 millions aux assurés). Ses résultats opérationnels laissent aussi à désirer, le sinistre Macifilia risquant de lui coûter à lui seul une centaine de millions. Au premier semestre, l’assureur a dégagé une perte consolidée de 44,5 millions en normes IFRS.
Plus d'articles du même thème
-
Les agences changent leurs notations sur les titrisations de prêts à effet de levier
Fitch et Moody’s ont modifié cet été leurs grilles d’évaluation pour relever la notation de centaines de tranches de titrisations adossées à des prêts à effet de levier («leveraged loans») plutôt risqués. Cette démarche ravive la crainte de voir le crédit structuré présenté comme plus sûr qu’il ne l’est réellement. Comme avant 2007. -
CNP Assurances souffle les contrats emprunteurs de Tégo à Allianz et AGPM Klésia
Après avoir mené une consultation de marché tambour battant, Tégo, l’association souscriptrice des contrats d’assurance du secteur défense et sécurité, confirme en assemblée générale la résiliation de ses contrats emprunteur jusque-là gérés par Allianz et AGPM Klésia au profit de CNP Assurances. Et cela ne pourrait être que le début. -
Les filles de Pierre Bellon se succèdent à la présidence de Sodexo
En poste pendant près de 11 ans, et PDG presque quatre ans, Sophie Bellon passe les rênes du conseil d’administration du groupe de restauration à sa sœur Nathalie Bellon-Szabo.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
EmballementComplot terroriste ou simple vol de carburant : que s'est-il passé dans cette base militaire anglaise ?
Après l’arrestation de cinq hommes soupçonnés de terrorisme aux abords de la base de Fairford, un site militaire utilisé par l’armée américaine, leur libération rapide interroge la gravité réelle de la menace. -
Retour de flamme« Il sait très bien ce qu’il fait » : le tacle calculé de Patrick Martin contre la CFDT et la CGT
En riposte aux critiques de Marylise Léon et Sophie Binet sur ses liens supposés avec l'extrême droite, le président du Medef accuse les centrales de « se politiser à outrance » -
Fil rougeLes candidats à la présidentielle promettent de ne pas toucher à l'épargne pour combler la dette
L'Afer, la plus importante des associations d'épargnants, a soumis trois questions phares, mardi soir, à sept candidats à la présidentielle