La Grèce et l’Irlande font plonger Royal Bank of Scotland
Les tests de résistance des banques publiés en juin avaient révélé la forte exposition de Royal Bank of Scotland (RBS) au risque souverain périphérique au sein de la zone euro: l’établissement contrôlé à 83% par l’Etat britannique a confirmé cette fragilité en passant, dans ses comptes au deuxième trimestre, 733 millions de livres de provisions sur son portefeuille d’obligations de l’Etat grec (d’une valeur nominale de 1,45 milliard). «Parmi les Etats en première ligne de la crise de la dette souveraine, la Grèce est la seule exposition importante héritée des activités d’ABN Amro [acquises en 2007]», a assuré Stephen Hester, le directeur général de RBS.
Cette crise a lourdement pesé sur les revenus du groupe sur les marchés de taux, change et matières premières (FICC) au deuxième trimestre: ils accusent une baisse de 44% à 987 millions de livres par rapport au premier trimestre. Les revenus des activités de marché dans leur ensemble ont chuté de 35% à 1,55 milliard. En conséquence, la direction a annoncé la suppression de 2.000 postes dans ce pôle au cours des 12 à 18 prochains mois. Elle portera les réductions d’effectifs depuis fin 2008 à près de 30.000.
Mais les comptes sont aussi lourdement affectés par la crise économique sévissant en Irlande. Les dépréciations pour créances douteuses sur ce marché représentent 2,26 milliards de livres. Elles sont légèrement inférieures aux 2,48 milliards enregistrés un an plus tôt, mais elles augmentent par rapport à celles du premier trimestre (1,95 milliard).
Pour corser l’addition, la banque a dû provisionner 850 millions de livres en prévision des dédommagements consécutifs aux litiges sur l’assurance-emprunteur au Royaume-Uni.
Ces dépréciations ont conduit RBS à publier une perte avant impôt de 678 millions de livres sterling (780 millions d’euros) au deuxième trimestre, contre un bénéfice de 1,17 milliard un an plus tôt. La perte nette atteint 879 millions et porte celle du semestre à 1,4 milliard.
Selon plusieurs analystes, cette situation de faiblesse met l’établissement écossais dans une situation difficile en terme d’accès à la liquidité, alors que les tensions se sont accrues sur le marché interbancaire. RBS est donc loin d’être sorti d’affaires. Le titre a perdu encore 7% vendredi, à 28,18 pence. Une mauvaise nouvelle pour les contribuables britanniques, qui sont entrés au capital de la banque au cours de 50 pence.
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