La gouvernance de la Société Générale alimente à nouveau le débat
PhiTrust repart en guerre contre le cumul des pouvoirs à la Société Générale. Avec, cette année, l’inscription à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale du groupe le 22 mai d’un projet de résolution pour que la banque adopte une structure duale. Emmenés par la société de gestion activiste, sept actionnaires ont effet réussi à réunir 0,595% du capital de la banque, au-delà du seuil de 0,5% nécessaire à l’inscription d’un projet de résolution à l’ordre du jour.
En plaidant pour la transformation du groupe en société à directoire et conseil de surveillance, PhiTrust souhaite mettre fin au cumul des fonctions de président et de directeur général, qui ont été réunies en 2009 lors de la nomination de Frédéric Oudéa. «Les pouvoirs d’un directeur général cumulant la présidence du conseil sont disproportionnés», estiment les déposants dans un texte publié sur le site de la banque. Présent à la Société Générale, «un vice-président, administrateur indépendant référent, nous semble insuffisant et au statut non reconnu». Crédit Agricole SA, BNP Paribas et Natixis, les autres grandes banques françaises cotées, ont séparé les deux fonctions.
PhiTrust a déjà ferraillé contre la banque de La Défense à plusieurs reprises, sans succès. En 2010, la société avait déjà réussi à réunir plus de 0,5% du capital, mais le conseil d’administration avait jugé sa demande irrecevable et refusé de l’inscrire à l’ordre du jour de l’AG en arguant qu’elle privait le conseil de sa compétence à décider le cumul ou la dissociation des fonctions. «Le même conseil décida une simple assemblée générale ordinaire l’année dernière, pour que nous ne puissions pas déposer de résolution extraordinaire», regrettait Olivier de Guerre, président de PhiTrust, dans son blog le 31 mars. En 2011, Frédéric Oudéa n’avait recueilli «que» 83,9% des suffrages pour le renouvellement de son mandat.
«La question sera posée et débattue à l’AG», indiquait-on hier au siège de la banque. Mais la position du conseil, qui «à l’unanimité considère préférable le maintien de la situation actuelle», n’a pas varié. Il souligne notamment que Frédéric Oudéa est appuyé par un vice-président et trois DG délégués, et que «la structure directoire/conseil de surveillance n’offre pas de garantie supplémentaire aux actionnaires».
Plus d'articles du même thème
-
Taxez les riches ! – Ce que le laboratoire californien dit du débat français
À trois semaines d’intervalle, la France et la Californie ont débattu d’une même question : faut-il taxer directement les très grandes fortunes pour accroître leur contribution aux finances publiques ? -
Euronext va racheter pour 350 millions d'euros d'actions après un bon trimestre
Les résultats de l'opérateur boursier ont progressé de l'ordre de 30% entre juillet et septembre grâce à une bonne maîtrise des coûts et à des marchés dynamiques. -
Plusieurs hedge funds suppriment des postes après des pertes
La débâcle des marchés en octobre a durement frappé les hedge funds, les contraignant à déboucler leurs positions à un rythme inédit depuis des années et à réduire leurs effectifs, écrit le Wall Street Journal. Nombre d’entre eux accusaient déjà de lourdes pertes avant même que la chute des actions ne s’accélère jeudi.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Une moisson d’or
Face à l’or de la joaillerie, le travail de l’artiste Nathalie Seiller Dejean autour de la paille qu’elle tresse et taille avec une précision d’orfèvre fait écho. Elle révèle une noblesse inattendue quand l’or et la paille, que tout oppose, se rejoignent dans un même geste d’excellence. -
La folie des grandeurs« La défaite est inconcevable pour les insoumis » : les problèmes de riches de Jean-Luc Mélenchon
Le candidat insoumis, qui bénéficie de la faiblesse de ses concurrents, tutoie la barre des 20 % dans les sondages, mais n’a pas le début d’une stratégie pour l'emporter sur Marine Le Pen au second tour -
Mathilde Thomas (Caudalie) : « L’indépendance est le seul luxe que je ne peux pas négocier »
Dans l’industrie de la beauté, Caudalie occupe une place à part. Et pas seulement parce que la marque a été cofondée par Mathilde Thomas, une femme à l’énergie débordante…