La gouvernance de Groupama tire les leçons d’un fiasco
Débarqué en octobre dernier de la direction générale de Groupama, Jean Azéma n’était pourtant pas le seul responsable de la situation financière délicate de l’assureur. Le groupe le reconnaît à demi-mot dans son document de référence, publié le 30 avril. Il a ainsi réformé les règles de fonctionnement d’un conseil d’administration qui, jusqu’à l’automne 2011, avait approuvé sans ciller la stratégie de croissance externe de son directeur général et une politique de placement ayant contribuéà la perte de 1,8 milliard d’euros enregistrée l’an dernier.
«Les méthodes de travail ont été revues et la nature de l’information communiquée au conseil d’administration et au comité d’audit et des risques dans le domaine financier a été enrichie», souligne l’assureur. Les mesures arrêtées pour améliorer l’information financière des membres du conseil sont déployées depuis le 1er janvier 2012.
Autre nouveauté, «des actions de formation des administrateurs ont été engagées, à la demande, de manière à permettre à ces derniers de répondre aux enjeux des décisions prises par le conseil d’administration, notamment en matière financière». Une façon de reconnaître que certains administrateurs éprouvaient quelque peine à apprécier les conséquences financières de leurs décisions.
Présidé par Jean-Luc Baucherel, le conseil de Groupama compte dix autres membres représentants les caisses régionales du groupe. Sur les cinq indépendants, deux ont été nommés en mai 2011, Marie-Ange Debon (Suez) et Caroline Grégoire Sainte-Marie (Frans Bonhomme). Frédéric Lemoine, le patron de Wendel, qui présidait le comité d’audit et des risques de Groupama jusqu’en juin, a démissionné il y a deux mois de son mandat d’administrateur.
Le conseil avait aussi fixé, en 2009, les conditions du départ de Jean Azéma, lorsque celui-ci avait abandonné le bénéfice de son contrat de travail. L’ancien directeur général a ainsi perçu un «parachute» de près de 3 millions d’euros, comme l’a révélé le site agefi.fr. Il se décompose en une indemnité de rupture et une indemnité de non-concurrence de 1,47 million d’euros chacune. Au total, en ajoutant le salaire fixe, les avantages en nature et le bonus versé l’an dernier au titre de 2010 (aucun n’a été attribué au titre de 2011), l’ex-directeur général a perçu 4,38 millions d’euros en 2011.
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