La garantie de l’Etat évite la faillite au Crédit Immobilier de France
Après Dexia, l’Etat français est contraint de voler au secours du Crédit Immobilier de France (CIF). Le ministère de l’Economie a annoncé samedi que l’Etat apporterait sa garantie à l’établissement menacé de faillite et dont les tentatives pour trouver un repreneur n’ont pas abouti. La garantie sera mise en place sous réserve de l’autorisation de la Commission européenne et du Parlement. Ce dernier sera saisi dans le cadre de la plus prochaine loi de finances. Le plafond de la garantie pourrait être supérieur à 20 milliards d’euros.
L’intervention de l’Etat s’est décidée vendredi soir, au cours d’un conseil d’administration de crise fatal à l’ancien PDG du CIF, Claude Sadoun, critiqué depuis plusieurs mois. Le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, a «pris acte de la nomination de Bernard Sevez en qualité de nouveau président-directeur général» et «s’attend à ce que l’ancien dirigeant du CIF renonce à toute indemnité».
Fragile depuis le mois de mai, et une première dégradation de sa note, la situation s’est un peu plus tendue la semaine dernière avec la nouvelle dégradation par Moody’s de la note de la dette à long terme, de A1 à Baa1. Une situation intenable pour une société dont le modèle économique repose sur un financement faisant presque exclusivement appel au marché. La société porte 33 milliards d’euros d’encours de crédits immobiliers pour 2,4 milliards d’euros de fonds propres.
Le conseil d’administration et les sociétés du groupe «entendent désormais consacrer toute leur attention aux conséquences économiques et sociales de cette situation nouvelle», explique le CIF. La garantie de l’Etat devrait lui permettre de pouvoir continuer à émettre sur le marché afin de respecter ses engagements. En revanche, Bruxelles devrait demander l’arrêt de la production de nouveaux prêts.
La garantie de l’Etat donne un peu plus de temps aux autorités pour trouver une solution plus pérenne pour un établissement lié au mouvement HLM. Sollicitée, la Banque Postale a jusqu’à présent temporisé au maximum sur ce dossier. Ayant eu accès à la deuxième opération de refinancement à long terme de la BCE en février pour un montant de 3,1 milliards, le CIF doit pouvoir assurer ses refinancements à court terme jusqu’en 2013.
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