La FSA veut une vaste réforme du Libor
Le Libor tel qu’il existe aujourd’hui paraît plus que jamais condamné. Pour le régulateur britannique, la FSA (Financial Services Authority), le verdict est sans appel. Le Libor ne joue plus son rôle et doit être changé ou remplacé, a fait savoir Martin Wheatley (photo), le directeur de la FSA, qui a dévoilé vendredi ses premières recommandations en vue d’une réforme du système. L’encadrement des autres taux de référence pour toutes les classes d’actifs allant du pétrole à l’or en passant par les actions pourrait aussi être durci.
«Les structures en place et la gouvernance du Libor (London interbank offered rate) ne sont plus adaptées et une réforme est nécessaire», a déclaré Martin Wheatley lors d’un discours à Londres. «Le gouvernement m’a demandé de regarder comment nous pouvons réformer le système et de restaurer la crédibilité et la confiance pour les gens qui utilisent le Libor, et pour les consommateurs qui sont aussi concernés», a-t-il ajouté, le Libor faisant aussi office de référence, de manière indirecte, pour les crédits aux particuliers.
L’amende de 453 millions de dollars infligée fin juin à Barclays par les régulateurs britanniques et américains a mis à mal l’image de la place financière londonienne, avant de rejaillir sur d’autres établissements financiers. Une douzaine d’autres grandes banques, dont Deutsche Bank ou Royal Bank of Scotland, font aujourd’hui l’objet d’une enquête de la part des régulateurs.
Le secteur bancaire britannique a jusqu’au 7 septembre pour faire connaître ses commentaires au régulateur national dans le cadre de la consultation qui s’est ouverte. Les recommandations finales doivent ensuite être rendues d’ici à la fin du mois de septembre. Elles pourraient alors faire l’objet d’amendements qui seraient inclus dans la loi sur les services financiers en cours d’examen devant la chambre des Lords.
Dans ses propositions, Martin Wheatley plaide pour que les taux de référence alternatifs au Libor soient utilisés dans certains cas. Il souhaite aussi que leur calcul soit établi différemment. Il suggère ainsi que l’établissement des taux de référence soit davantage lié aux transactions réelles et moins basé sur le jugement. A ce jour, la fixation du Libor, est établie sur la base d’estimations fournies chaque jour par un petit nombre de banques. Martin Wheatley propose qu’un plus grand nombre de banques soient consultées afin d’en améliorer la crédibilité. Le Libor est le taux de référence en fonction duquel sont déterminés les taux appliqués à des milliards de dollars de contrats financiers dans le monde comme ceux des cartes de crédits ou des produits dérivés les plus complexes, rappelle Martin Wheatley.
Il plaide également pour l’introduction d’un volet de mesures sur la gouvernance pour garantir un «plus grand degré de transparence et d’indépendance» dans la fixation des taux interbancaires.
Le régulateur britannique réclame aussi un renforcement des sanctions, et l’instauration d’un code de conduite pour les banques qui participent à l’élaboration du Libor. La FSA s’inscrit ainsi dans le sillage de la Commission européenne. Bruxelles a en effet fait savoir le mois dernier qu’elle entendait demander à chaque Etat membre de prévoir dans sa législation nationale des sanctions pénales relatives à la manipulation d’indices de référence.
Plus d'articles du même thème
-
Martine Legendre (Allianz France) : « En non-coté, on n'achète pas un produit mais une équipe»
Martine Legendre a passé dix-neuf ans à la tête des investissements alternatifs d'Allianz France, construisant un portefeuille qui pèse aujourd'hui près de huit milliards d'euros. À l'heure de passer la main, elle revient sur une carrière marquée par l'émergence successive de classes d'actifs qui n'existaient pas encore à son arrivée, les erreurs qui instruisent, et les constantes qui résistent à tout. -
Le marché fait le tri parmi les sprinters de l'IA
Trois ans et demi après le lancement de ChatGPT, les investisseurs ne sont plus à l'heure de parier sur une révolution industrielle suscitée par l’intelligence artificielle. Ils discriminent désormais les Microsoft, Amazon, Apple et consorts sur leurs capacités à en monétiser l'essor au plus vite. -
Ontario Teachers' crée un poste dédié à l'intégration de l'IA dans les placements
Le fonds de pension des enseignants de l'Ontario nomme Feifei Wu à la tête d'une fonction nouvellement créée, à l'interface entre la technologie et les équipes d'investissement.
ETF à la Une
BlackRock émet un nouvel ETF actif dédié à la dette des marchés émergents
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
Contenu de nos partenaires
-
Castelbajac, l’art en liberté
À Toulouse, une rétrospective majeure consacre Jean-Charles de Castelbajac. Plus qu’un créateur de mode, une figure totale qui a toujours refusé les frontières — et qui trouve aujourd’hui dans le musée un terrain à sa mesure. -
Marrakech, côté cour
Sous l’impulsion d’un couple de passionnés franco-libanais, le Palais Beit al Noor fait rimer art de vivre marocain et hospitalité libanaise à Marrakech. -
EmbouteillageMélenchon, Attal, Retailleau, Philippe, Glucksmann, un meeting avant l'été et ça décolle ?
Entre le 30 mai et le 5 juillet, plusieurs candidats à la présidentielle de premier plan tiendront meeting. Pourquoi vouloir lancer une dynamique juste avant que les Français ne partent en vacances ?