La FSA s’inquiète des risques pesant sur le crédit immobilier commercial
Avis de mauvais temps outre-Manche sur le marché du crédit immobilier commercial. Un secteur prédominant puisque les prêts accordés par des banques britanniques à des sociétés immobilières représentent environ un tiers des crédits qu’elles accordent à des sociétés non financières à travers le monde.
Dans son rapport 2011 sur le risque prudentiel, qui note une exposition directe des établissements britanniques relativement limitée aux risques bancaire et souverain des pays périphériques, la Financial Services Authority (FSA) s’attend à des jours sombres. Le gendarme britannique des marchés relève que les indices des prix de l’immobilier commercial ont chuté de plus de 40% entre juillet 2007 et juillet 2009. A fin 2010, ils s’établissaient encore à un niveau inférieur de 35% à leur sommet.
Dans ces conditions, la qualité de l’exposition des prêteurs aux sociétés foncières s’est fortement dégradée. Selon la dernière étude semestrielle de l’université De Montfort (Leicester), 34 milliards de livres de prêts à l’immobilier commercial britanniques ne respectaient pas leurs covenants bancaires et 20 milliards de livres étaient en défaut de paiement en juin dernier, représentant au total plus de 20% des prêts existants.
«Le risque est que la croissance économique soit plus faible que prévu, accroissant le stress de cash-flow des locataires et provoquant une nouvelle montée des défaillances», prévient la FSA. La menace d’une spirale baissière des prix engendrée par un mouvement de ventes forcées pourrait être accentuée par l’arrivée à maturité de titres adossés à des crédits hypothécaires commerciaux (CMBS), dont près de 50 milliards de livres sont garantis par des actifs immobiliers commerciaux britanniques.
L’autorité reconnaît que des provisions significatives ont été faites par les établissements de crédit mais demande à ce que celles-ci soient maintenues à un niveau adéquat. La FSA s’inquiète par ailleurs d’un mouvement général parmi les prêteurs consistant à refinancer majoritairement les prêts existants. Plus de la moitié des 52,6 milliards de livres arrivant à maturité en 2010 ont ainsi été étendus, estime la FSA. Cette dernière y voit un risque si les établissements de crédit ne mettent pas en place une «stratégie de sortie robuste».
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