La fraude à la carte bancaire continue d’augmenter en France
Pour la cinquième année consécutive, les paiements frauduleux par carte ont progressé l’an dernier en France. Ils concernent 0,08% des transactions, contre 0,077% en 2011, pour un préjudice estimé à 450,7 millions d’euros (+9%) par l’Observatoire de la sécurité des cartes de paiement, qui publiait hier son rapport annuel.
«Ceci s’explique par une augmentation significative de la fraude au niveau international (+11,2%), due à une recrudescence des cas de vols de carte et de compromission de données lors de séjours à l’étranger, mais également à la hausse de la fraude sur les transactions internationales par internet (+37%)», explique Christian Noyer,gouverneur de la Banque de France et président de l’Observatoire. Sur ce canal, on peut y voir un report partiel de la fraude nationale vers la sphère internationale».
Pour la première fois depuis 2008, le taux de fraude sur les paiements par internet a en effet diminué en France, passant de 0,34% à 0,29%. Il reste toutefois très supérieur à celui du monde «physique» (0,015%). Les paiements à distance «représentent en 2012 9,2% de la valeur des transactions nationales pour 61% du montant total de la fraude», indique l’Observatoire.
Pour sécuriser les sites de e-commerce, de plus en plus de transactions (27,5%) nécessitent une authentification renforcée du payeur, via un code reçu par SMS ou la mention de sa date de naissance. L’an dernier, «on a vu plusieurs grands sites basculer: VoyagesSNCF, Orange, Air France», indique Christian Noyer qui espère voir davantage de pays se convertir à ce type de dispositif.
Dans le monde «physique», la fraude est restée stable mais 2012 a été marqué par une forte hausse des attaques de distributeurs de billets (+73%) et de points de vente (x2,5), victimes notamment du skimming qui permet de récupérer les coordonnées des porteurs de cartes en modifiant les terminaux de retrait ou de paiement. 50.000 terminaux de commerçants ont été identifiés comme vulnérables mais «le modèle est en fin de vie», assure Christian Noyer.
Autre point noir, le développement des cartes prépayées anonymes qui peuvent être utilisées dans des circuits de blanchiment. La Banque de France manque de statistiques sur le phénomène… et de moyens d’action. «En Europe, le principe de libre circulation, d’espace de paiement, conduit à ce que les règles peuvent devenir facilement permissives»,regrettele gouverneur.
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