La France a gardé ses outils de soutien aux banques
La France doit-elle voler au secours de ses banques ? Les responsables politiques et financiers ont encore balayé hier la question d’un revers de main. «Les banques françaises n’ont ni souci de liquidité, ni problème de solvabilité», a répété Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, soulignant que le secteur a musclé ses fonds propres de 50 milliards d’euros en deux ans. «Une nationalisation des banques françaises est totalement prématurée et à côté du sujet», a renchéri le ministre de l’Industrie, Eric Besson.
Paris dispose pourtant de deux outils, aujourd’hui en sommeil, créés fin 2008 dans le sillage de la faillite de Lehman Brothers. La SFEF, Société de financement de l’économie française, a émis pendant un an avec la garantie de l’Etat près de 77 milliards d’euros de dette qui ont servi à refinancer les banques françaises. Elle conserve une existence juridique, car ses dernières obligations arriveront à échéance en 2014. Dans les faits, la Caisse de refinancement de l’habitat (CRH) gère la dette de la SFEF, qui est revenue aux alentours de 55 milliards d’euros.
La structure n’a en revanche plus le droit d’émettre depuis octobre 2009. Le gouvernement s’était laissé, jusqu’à fin 2010 seulement, la possibilité de la réactiver par simple décret en cas de turbulences. Relancer la SFEF imposerait donc de reprendre à zéro le processus suivi en 2008: décision du gouvernement, approbation du Parlement et feu vert de la Commission européenne. «Je n’ai pas entendu parler d’un tel projet», indiquait hier une source proche du dossier.
La Société de prise de participation de l’Etat (SPPE), pour sa part, avait apporté 20,5 milliards d’euros de fonds propres aux banques françaises sous forme de titres subordonnés, d’actions de préférence et d’actions ordinaires. Après les derniers remboursements de BPCE en début d’année, la SPPE ne détient plus qu’un milliard d’euros d’actions Dexia, soit 5,7% du capital selon le dernier rapport annuel de la banque franco-belge.
Rien n’interdirait à l’Etat de capitaliser directement les banques via le budget à travers le compte d’affectation spécial «participations financières de l’Etat». Il l’avait fait pour Alstom en 2004. Mais les montants en jeu et l’urgence l’avaient conduit en 2008 à créer une structure ad hoc. Dans un cas comme dans l’autre, un nouveau plan de soutien en capital devrait être notifié à Bruxelles.
Plus d'articles du même thème
-
EDF se désengage des énergies renouvelables en Amérique du Nord
L’énergéticien français a conclu un accord avec KKR en vue de lui céder un portefeuille d’actifs d’une capacité nette totale de 5,6 gigawatts. -
Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Les valeurs technologiques ont connu une nouvelle semaine difficile, notamment les semi-conducteurs en Corée. Elles restent néanmoins à des niveaux élevés et beaucoup d’investisseurs misent toujours sur le secteur. Mais les défis s’accumulent. -
La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Même si les obligations indexées sur l’inflation ont pu connaître des périodes décevantes, comme entre 2010 et 2019, des investisseurs les ont intégrées dans leur allocation structurelle.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : les villes moyennes au cœur du récit national
Brice Soccol : « Ce n’est plus seulement l’opposition entre villes, péri-urbanité et campagnes qui structure la géographie électorale française, mais la capacité des territoires à offrir des perspectives de mobilité sociale, d’emploi et de qualité de vie » -
L'été sera chaudLe pays brûle, les candidats regardent ailleurs
Malgré l'ampleur de l'épreuve vécue par la quasi-totalité du pays, les prétendants à l'Elysée n'ont effectué que des ajustements à la marge de leur campagne. Le débat n'a pas dépassé le stade de savoir s'il fallait climatiser le pays -
Vieux démonsAprès l'accord israélo-libanais, le spectre d'une occupation israélienne sans fin du Liban
Israël et le Liban ont signé un accord historique à Washington, mais son application dépend d'un improbable désarmement du Hezbollah