La Fed surveille la situation des banques européennes mais aussi américaines
La Réserve fédérale de New York ne se penche pas que sur la situation des banques européennes. Elle surveille aussi les banques américaines. «Nous traitons les banques étrangères et les banques américaines exactement de la même manière», a affirmé hier William Dudley, le président de la Fed de New York. Il répondait à un article du Wall Street Journal rapportant que les autorités américaines, dont la Fed de New York, examinaient la solidité des filiales américaines des banques européennes. «Nous sommes constamment en train de surveiller (…) les banques étrangères et américaines pour voir comment elles se portent en termes de liquidités, de qualité du crédit. Donc c’est une procédure opératoire standard», a martelé William Dudley. «Et il est vraiment important de souligner que nous ne nous focalisons pas plus sur les banques étrangères que sur les banques américaines.»
Selon le quotidien, la Fed aurait demandé aux banques européennes des informations permettant de définir si elles peuvent se financer de manière suffisamment viable pour maintenir une activité quotidienne outre-Atlantique. Les régulateurs craignent que la crise de la dette dans la zone euro freine leur capacité à financer des prêts et à remplir leurs autres obligations financières et qu’en cas de problème elles puisent dans les fonds de leurs branches américaines. Dans certains cas, la Fed irait jusqu’à demander à certaines banques de restructurer leurs filiales, avance le journal.
Les données publiées hier par la Réserve fédérale ont alimenté ces craintes. Les établissements étrangers ont réduit leurs émissions de billets de trésorerie en dollars ces derniers jours, les investisseurs ayant fui ces instruments de dette de court terme. Autre indice suspect pour les marchés : la facilité en dollar de la Banque centrale européenne a été sollicitée mercredi pour la première fois depuis février. Une seule banque de la zone euro a emprunté 500 millions de dollars à une semaine au taux d’intérêt fixe de 1,1%.
La mise au point de William Dudley n’a donc pas enrayé la nouvelle chute du secteur bancaire, européen et américain, affecté par la crainte d’un retour en récession. A Londres, Barclays a perdu 11,47%. La Société Générale a plongé de 12,34%, malgré l’interdiction des ventes à découvert décidée la semaine dernière par l’Autorité des marchés financiers. En séance, Citigroup perdait 8%.
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