La croissance des bénéfices des banques américaines pourrait ralentir
Les banques américaines se portent de mieux en mieux, à en croire le fonds de garantie des dépôts bancaires américains (FDIC). Mais si leurs bénéfices augmentent fortement, cela pourrait ne pas durer, leurs revenus semblant marquer le pas.
Au deuxième trimestre, les quelque 7.500 banques américaines garanties par le FDIC ont réalisé 28,8 milliards de dollars de bénéfices nets (+37,9% sur un an), dont 20,3 milliards ont été redistribués en dividendes, le solde ayant servi à renforcer leurs fonds propres. Cette progression, néanmoins la plus faible au cours des sept derniers trimestres, s’explique par une baisse sensible des provisions pour créances douteuses. Celles-ci ont reculé de 21,4 milliards de dollars (-53%) sur un an, principalement sur le marché des cartes de crédit.
«Etant donné que les provisions pour pertes s’approchent de leur niveau historique, les chances d’une amélioration des bénéfices grâce à une nouvelle baisse des provisions diminuent», a prévenu Martin Gruenberg, le président par intérim du FDIC.
Les dépôts ont continué d’augmenter et les portefeuilles de prêts ont grossi pour la première fois depuis trois ans (+0,9%) mais Martin Gruenberg a signalé qu’il faudrait encore beaucoup de temps pour que le marché du crédit revienne à la normale.
«La demande de prêts est toujours extraordinairement faible et l’incertitude créée au cours de ces derniers mois a gelé toutes les décisions», déplore un membre de l’Association bancaire américaine qui estime néanmoins que ce rapport confirme la solidité du secteur.
Mais à l’inverse du résultat net, le produit net bancaire du secteur a baissé de 3 milliards de dollars (-1,8%) en raison du recul des rendements des actifs et d’une marge nette d’intérêt ramenée à 3,61% contre 3,76% un an plus tôt. De quoi douter d’une nouvelle croissance des bénéfices.
Sur le front du capital, les performances du deuxième trimestre ont permis aux banques de renforcer leurs bilans et d’afficher des multiples historiquement élevés. Au 30 juin, le ratio de fonds propres sur le total des actifs s’élevait à 11,3%, son meilleur niveau depuis 1938, indique le FDIC.
Entre avril et juin, seules 22 banques ont fait faillite, soit le quatrième trimestre consécutif de baisse et le nombre le plus faible depuis le premier trimestre 2009. Le nombre de banques inscrites sur la «liste à problème» a reculé pour la première fois depuis 15 trimestres, à 865 contre 888 à fin mars.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre