La crise irlandaise retarde une nouvelle fois le redressement de RBS
La banque britannique a enregistré une perte de 528 millions de livres, à cause d’une provision de 1,29 milliard sur sa filiale Ulster Bank
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Patrick Aussannaire
Nouveau rendez-vous manqué avec les bénéfices pour RBS. La banque britannique, détenue à 83% par l’Etat, a annoncé vendredi s’être enfoncée dans le rouge au premier trimestre avec une perte nette de 528 millions de livres (594 millions d’euros), contre 248 millions un an plus tôt. Un chiffre très inférieur au consensus Bloomberg qui tablait sur une perte nette réduite de 14,4 millions.
L’érosion de l’activité du groupe se poursuit avec une baisse des revenus de 12% à 7,55 milliards de livres, même si RBS précise que l’exceptionnelle performance de la banque d’investissement (BFI) au premier trimestre 2010 provoque un effet de base défavorable. Le résultat courant de la BFI a en effet reculé de 26% à 1,1 milliard, compensé néanmoins par une hausse de 25% dans les activités commerciales sous l’effet d’une amélioration de la marge nette d’intérêt de 6 points de base à 3,27%.
Le résultat courant ajusté s’est d’ailleurs redressé de 19% à 1,05 milliard, sous l’effet d’une réduction globale des provisions pour créances douteuses. RBS a en effet provisionné 1,95 milliard pour dépréciations d’actifs, soit 27% de moins qu’un an auparavant. Néanmoins, 66% de cette provision (1,29 milliard) provient de pertes sur sa filiale irlandaise, Ulster Bank. «Un haut de fourchette», considère le directeur financier, Bruce van Saun. RBS estime en outre que les exigences en termes de capitaux propres lui coûteront entre 350 et 400 millions de livres sur l’exercice 2011.
Concernant les ventes d’assurances emprunteurs (PPI), la banque précise que «l’incertitude concernant l’issue du litige sur les PPI indique qu’à l’heure actuelle le groupe est incapable d’estimer de manière fiable toute provision potentielle, même si elle pourrait s’avérer significative.» La provision de 3,2 milliards de livres passée par Lloyds a conduit les analystes à relever à la hausse leurs estimations du coût pour le secteur bancaire du dédommagement des clients. Le directeur général de RBS, Stephen Hester, a estimé dans le Financial Times que le FSA (l’autorité de régulation) serait aujourd’hui «assez attaché» à l’idée de trouver un accord avec les banques sur le sujet.
L’Etat britannique pourrait commencer à céder ses parts dans RBS, acquises à 50,2 pences par action, en 2012. Vendredi, le cours ouvrait en hausse de 2,5% à 41,4 pences, soit une décote de 17,5% pour les contribuables.
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