La crise actuelle met sous pression les dividendes des banques
Sous la pression des régulateurs et des investisseurs, les banques cherchent par tous les moyens à reconstituer leurs fonds propres. Mais l’état des marchés leur interdit quasiment tout recours à une augmentation de capital, très dilutive, ou une émission hybride. Les banques françaises se sont même lié les mains en répétant qu’elles n’en auraient pas besoin.
Restent deux solutions. La première consiste à vendre des actifs. C’est précisément ce qu’a annoncé la Société Générale lundi. D’autres, comme HSBC, KBC ou ING ont pris la même décision. Mais le contexte actuel risque de peser sur les valorisations.
L’autre serait de diminuer encore le dividende. La mise en réserve du résultat est déjà devenue un thème récurrent des banques ces derniers mois en prévision de Bâle 3. BNP Paribas a ainsi indiqué destiner les deux tiers de ses bénéfices au renforcement de sa solvabilité. Ce choix lui a permis de générer 20 points de base de ratio core tier 1 au deuxième trimestre. «Nous continuerons de mettre en réserve nos bénéfices futurs pour renforcer nos fonds propres», a souligné hier Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale dans un entretien aux Echos.
Crédit Agricole SA, la structure cotée de la banque verte, a annoncé en mars un taux de distribution de 35% dans le cadre de son plan stratégique 2014, prenant en compte les contraintes de Bâle 3. La Banque Postale, qui a reçu 860 millions d’euros de sa maison-mère le 9 septembre, et, dans une moindre mesure, les établissements mutualistes peuvent théoriquement compter sur un soutien de leurs actionnaires (Poste, caisses régionales…). Mais jusqu’à un certain point, les dirigeants des structures centrales devant aussi composer avec eux. François Pérol, le président du directoire de BPCE, a ainsi évoqué début avril «la mise en réserve systématique de 80% [des] résultats chaque année» jusqu’en 2013, ce «sans faire appel à la souscription de nouvelles parts sociales».
Reste que dépendre de sa seule capacité bénéficiaire peut être mal perçu en période d’incertitude économique. «Le marché anticipe une baisse des revenus des banques, notamment en raison de moins-values sur leurs actifs», rappelle un analyste. En écho, Frédéric Oudéa avait averti en août que «la génération de revenus sera plus faible que prévu» en 2011 et 2012. Et la perspective de voir leurs rendements chuter n’encourage pas les investisseurs à la fidélité à l’égard des valeurs financières.
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