La Chine cherche un moyen de délester ses banques des créances douteuses
Les autorités chinoises prennent conscience de la nécessité de s’atteler aux créances douteuses qui grèvent les bilans des banques du pays. Selon Reuters, qui cite trois sources concordantes, Pékin teste une nouvelle plate-forme d’échange pour permettre aux établissements de céder leurs prêts plus facilement à des investisseurs. Les autorités veulent faciliter l’accès des institutions financières non bancaires et des grandes entreprises à ces actifs.
Les actifs éligibles comprennent les portefeuilles de créances non garantis et les actifs titrisés (titres adossés à des prêts). Le régulateur chinois (la CBRC, China Banking Regulatory Commission) a confirmé à demi-mot être «à la recherche de structures institutionnelles et de méthodes» afin de «revitaliser le stock de crédits».
Pour l’instant, les banques chinoises n’ont qu’une alternative pour gérer leurs créances douteuses: les vendre de gré à gré, en général à de grandes sociétés de gestion contrôlées par l’Etat, ou les renouveler indéfiniment afin d’éviter d’enregistrer une perte comptable. Si de nombreux observateurs estiment que le pouvoir ne pourra éviter le recours aux fonds publics pour soutenir les banques, l’apport du privé permettra au moins de répartir le fardeau.
La Chine a créé en 1999 quatre sociétés de gestion d’actifs d’Etat dans le but d’acquérir 1.400 milliards de yuan (172 milliards d’euros) de créances douteuses provenant des quatre plus grandes banques du pays, à un prix pourtant proche du nominal –une décision qui est apparue comme un renflouement qui ne disait pas son nom. L’année dernière, l’Etat a autorisé les provinces à créer leurs propres sociétés de gestion, à destination des banques locales.
La plate-forme organisera la transparence des prix pour les investisseurs. Techniquement, précise Reuters, la CBRC va introduire un «système de transfert de crédit» dans le marché interbancaire, qui inclut déjà des institutions financières non bancaires et des grandes entreprises. La plate-forme serait gérée par la China Central Depository & Clearing, institution publique chargée de la compensation des échanges sur le marché obligataire interbancaire.
Reste à savoir si la demande sera au rendez-vous, étant donné la faible transparence comptable des banques et des autorités chinoises quant à la qualité et à l’ampleur réelles du stock de créances douteuses (officiellement 1% du stock total). Actuellement, les prêts accordés aux collectivités locales soulèvent de nombreuses inquiétudes.
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