La BRI minimise l’impact macroéconomique des règles prudentielles

Elle estime à 0,04 point de PIB par an l’impact d’un relèvement de ratio de fonds propres de 2 points sur 8 ans pour les banques systémiques
Patrick Aussannaire

Voilà de quoi donner du grain à moudre aux lobbyistes des banques. Dans un rapport publié hier soir, la Banque des Règlements Internationaux (BRI) rappelle que les 30 plus grosses banques d’importance systémique devront augmenter leurs fonds propres sur les huit prochaines années. Or, une hausse aurait un impact limité au maximum à 0,34% en dessous des scénarios de projection moyens du PIB. Au total, l’impact global sur le PIB serait ainsi de 0,04 pb par an sur la période, avec un écartement de spreads de crédit de 31 points de base, estime la banque.

Ces prévisions se fondent sur celles du «Macroeconomic Assessment Group» (MAG), établi en avril 2011 par le FSB et le Comité de Bâle, qui estime le poids des 30 plus grosses banques d’importance systémique à 30% des crédits domestiques et 38% des actifs du système financier.

La BRI prend en compte l’impact positif à long terme de la réduction de l’exposition des banques les plus importantes à des crises de type systémique. Le MAG estimait en effet que l’augmentation nécessaire des ratios de fonds propres des établissements financiers induirait un impact positif de l’ordre de 0,5% du PIB annuel, et que l’impact positif des propositions faites conjointement par le Comité de Bâle et les banques elles-mêmes sur le PIB annuel serait de l’ordre de 2,5%. Un bénéfice «plusieurs fois supérieur au coût des réformes en termes de ralentissement temporaire de la croissance annuelle» précise la BRI. L’institution précise néanmoins que «ces chiffres globaux masquent des différences significatives entre les pays, au regard du poids respectif du système financier dans ces pays ainsi que du niveau actuel de capitalisation des banques».

Face à la fronde des banques qui craignent que des règles contraignantes ne freinent le crédit et accélèrent les risques de récession, Stefan Ingves, le président du Comité et gouverneur de la Riksbank suédoise ne compte pas céder. Dans un entretien accordé lundi au Financial Times, il indique qu'«une balkanisation des règles sur le long terme n’est dans l’intérêt de personne». Stefan Ingves prévoit en outre de durcir les contrôles en envoyant des équipes d’experts pour vérifier la bonne transposition des règles dans chaque pays et en publiant des cartes pointant du doigt bons et mauvais élèves.

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