La BoE met la marge d’intérêt des banques britanniques sous pression
La baisse de taux de 25 points de base de la Banque d’Angleterre (BoE) complique la tâche des banques britanniques. Alors que la banque centrale entend soutenir l’activité après le vote en faveur du Brexit, l’assouplissement va en effet mettre un peu plus sous pression leurs marges d’intérêt, déjà rognées par le bas niveau des taux et la concurrence accrue des nouveaux entrants dans le secteur. Citigroup estime que les profits des banques britanniques baisseront de 2% à 3%.
«Nous craignons une pression continue sur les marges via les crédits à taux variables et les taux servis aux nouveaux clients étant donné que les banques se battent pour des volumes de prêts toujours plus réduits», souligne Citigroup. Lloyds serait ainsi l’une des banques les plus touchées compte tenu de son portefeuille de 70 milliards de livres (82 milliards d’euros) de prêts à taux variables. Goldman Sachs chiffre l’impact de la baisse des taux entre 10% et 20% du bénéfice.
Afin de limiter l’effet négatif de la baisse de taux, la BoE a annoncé une nouvelle facilité (TFS) offrant des financements à 0,25%, en espérant qu’un volume de 100 milliards de livres sera suffisant pour le compenser intégralement. Si Goldman Sachs estime que le TFS devrait avoir un effet relutif de 5%, UBS est plus dubitative car «les banques ne tireront pas beaucoup sur la facilité compte tenu des ratios cibles du MREL et du TLAC», si ce n’est pour acheter des obligations à faible rendement.
En pratique, l’impact résultera aussi de la politique bancaire au passif du bilan. Seule banque avec Santander UK et HSBC à s’être pour l’heure engagée à passer l’intégralité de la baisse de taux sur ses prêts, Barclays espère stabiliser sa marge d’intérêt en baissant la rémunération des comptes épargne. «Les banques affichant davantage de comptes courants comme RBS, Clydesdale ou Metro Bank ne disposent pas du même degré de flexibilité», note Citigroup.
Le gouverneur de la BoE, Mark Carney, a estimé jeudi que les banques britanniques n’avaient «pas d’excuse» pour ne pas transmettre l’assouplissement monétaire de la banque centrale à leurs clients. Depuis la dernière baisse de taux de la BoE, en mars 2009, le taux moyen des crédits immobiliers hypothécaires a baissé de 3,8% à 2,9%, a précisé la fédération CML en ajoutant que «le marché hypothécaire est à présent bien capitalisé» et que «les fondamentaux du marché immobilier sont sains».
Plus d'articles du même thème
-
Les banques gèrent tranquillement leurs anciennes dettes subordonnées
L’Autorité bancaire européenne (EBA) a considéré fin février qu’elle avait mené à bien sa mission d’accompagnement et de suivi de l’extinction des dettes subordonnées historiques («legacy»), émises avant 2013 et Bâle 3. De quoi permettre aux établissements de crédit de conserver quelque peu les rares titres aux coupons encore avantageux pour eux. -
BNP Paribas AM resserre les lignes métiers après l'intégration d’Axa IM
La société de gestion de BNP Paribas a dévoilé sa nouvelle organisation ce mardi 22 septembre. -
La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
Dans le nouveau plan stratégique, la réduction des coûts reste un mantra, et toutes les activités sont appelées à la performance et à la discipline. Mais surtout, le groupe annonce l’unification de ses banques universelles avec un management unique pour le réseau d’agences, la banque en ligne, l’assurance et la gestion privée.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Les banques ne seront pas désintermédiées, elles seront tokenisées
- La Fed sort de l'ambiguïté en remontant ses taux
Contenu de nos partenaires
-
Sous-titresDonald Trump et l'ONU : la stratégie de l'amour-haine
Malgré sa rhétorique anti-multilatéraliste et ses coupes budgétaires, le président n'a pas encore tiré un trait sur les Nations unies -
Gestion de criseCarburants : le goutte-à-goutte de Lecornu
Le Premier ministre s'en tient à la stratégie éprouvée depuis mars malgré la pression. Mais l'argument de la dette qui empêche un geste plus large tiendra-t-il longtemps ? La décision de l'Allemagne de baisser ses taxes isole la France -
La Fabrique de l'OpinionLéon XIV en France : « Le plus important n’est pas que le pape soit admiré, mais qu’il soit écouté »
Le voyage du pape en France, qui s'annonce hors normes en termes d'affluence, intervient en pleine campagne présidentielle, et peu après la légalisation de l'aide à mourir, à laquelle l'Eglise est profondément opposée. Mgr Matthieu Rougé décrypte les enjeux et les attentes qui entourent cette visite.