La BFI de BNP Paribas a tenu tête aux turbulences des marchés
Contrairement à bon nombre de ses concurrents, BNP Paribas n’envisage pas de coupes massives d’effectifs dans ses activités de banque de financement et d’investissement (BFI), à l’issue d’un deuxième trimestre marqué par une importante provision liée à la dette grecque. «Nous n’avons aucune raison de procéder à des ajustements brutaux. Nous avons des effectifs que nous allons adapter», a affirmé Baudouin Prot, le directeur général de la première banque européenne en termes d’actifs.
Alors que les conditions de marchés, notamment de dette, ont lourdement affecté les BFI de Credit Suisse, UBS, Goldman Sachs et HSBC, qui ont en conséquence annoncé 1.000 à 30.000 suppressions de postes, la BFI de BNP Paribas s’en est plutôt bien sortie. Le recul limité à 12,2% des revenus dans le fixed income a été compensé par le bond de 150% de ceux du pôle actions, principalement grâce aux dérivés. Le bénéfice avant impôt ressort ainsi à près de 1,33 milliard d’euros, en hausse de 2,4% sur un an.
Les autres pôles d’activités affichent également des performances en hausse, portant le bénéfice net part du groupe à un peu moins de 2,13 milliards d’euros. Ce résultat inclut le provisionnement de 534 milliards lié à la décote de 21% de la dette grecque dans le cadre du second plan de sauvetage du pays. Ce montant reste toutefois inférieur aux prévisions de certains analystes tablant sur une provision proche du milliard. «Ce plan vaut pour solde de tout compte», a prévenu Baudouin Prot. BNP Paribas est exposé à hauteur de 2,3 milliards d’euros aux titres arrivant à maturité d’ici à 2020, et à 1,7 milliard au-delà, selon une valorisation en juste valeur.
Le deuxième trimestre a également été marqué par une forte baisse du coût risque, celui-ci passant de 54 points de base à 48, hors impact grec, par rapport au premier trimestre, avec «une amorce de la baisse du coût du risque» pour sa filiale italienne BNL. «Nous continuons à prévoir une poursuite de la baisse du coût du risque», a souligné Baudouin Prot.
Le ratio de fonds propres common equity tier 1 s’élève à 9,6% au 30 juin, contre 9,5% trois mois plus tôt. Evoquant les surcharges de capital exigées par le Comité de Bâle pour les banques systémiques, Baudouin Prot a indiqué que, s’il le faut, BNP Paribas pourra s’y plier sans faire appel au marché mais juge injustifié que ces établissements soient «surpénalisés en termes de fonds propres. Cette pénalisation va affecter le financement de l’économie».
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