La Banque Postale reste à la merci de la modernisation des bureaux de poste
Pour les détails, il faudra attendre juin. C’est à cette date que La Poste présentera à son conseil sa trajectoire financière 2020 et ses plans d’actions par métiers, ainsi qu’un programme de réduction des coûts du siège. La feuille de route dévoilée hier, qui table pour la Banque Postale sur un résultat d’exploitation de 1,1 milliard en 2018 et sur un résultat net de 1 milliard en 2020, avec un coefficient d’exploitation ramené sous les 80%, donne surtout la mesure des défis qui attendent l’opérateur postal et sa filiale.
La banque a déjà réduit ses ambitions d’un résultat net à 1,7 milliard en 2017 dans le précédent plan. Riche en liquidités, elle pâtit de la faiblesse des taux sur ses placements: le manque à gagner atteindrait 487 millions d’euros en 2013, contre 288 millions en 2012, selon un document interne. Elle doit aussi composer avec le poids croissant de la régulation, la pression sur les tarifs, ou encore l’essor de la banque en ligne qui capte la clientèle jeune alors que la Banque Postale constate «une surpondération des seniors» dans la sienne.
Autre contrainte: le réseau postal représente la moitié des coûts de la banque et vendait encore 84% de ses produits en 2012, contre 14% pour les centres financiers du groupe et 4% par internet, alors que 38% des nouveaux contacts avec les clients passent par le web fixe et mobile.
Pour la filiale bancaire, l’enjeu reste donc l’amélioration de l’efficacité des bureaux de poste. De même que celle des centres financiers, où la part des activités commerciales doit passer de 29% à 55% entre 2013 et 2020. Un gros effort de formation et d’investissement sera aussi nécessaire pour créer une ligne métier dédiée aux professionnels, qui passerait par le déploiement de 250 conseillers entre 2014 et 2018 et un millier à horizon 2020. La clientèle, traitée sans conseiller dédié, présente aujourd’hui «un fort coût du risque opérationnel», selon le document.
L’établissement prévoit aussi des plans d’actions sur le numérique, la refonte du modèle des paiements et l’évolution de son informatique. Il compte enfin déployer son offre patrimoniale, devenir le référent du secteur public local, et évoque la croissance externe. En revanche, s’il est question de «renforcer l’efficacité de la distribution de bancassurance» et d’un «enjeu majeur sur l’assurance vie et la CNP», il reste muet sur l’évolution de ses liens avec cette dernière.
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