La Banque Postale réorganise sa mission d’accessibilité bancaire
Si La Banque Postale (LBP) tend à devenir un groupe de bancassurance «comme les autres» avec l’intégration de CNP Assurances, elle doit maintenir l’accessibilité bancaire. Et doit composer avec les contraintes imposées par le Covid-19 dans le réseau de La Poste, sa maison mère. L’objectif serait de maintenir 1.600 guichets dédiés dans les bureaux de poste. Or, le versement des prestations sociales est prévu début avril.
«Nous préparons cette période, confirme à L’Agefi Rémy Weber, président du directoire de LBP. Nous devons être prêts pendant toute la durée concernée, notamment pour une population qui utilise encore le Livret A comme compte courant et retire du cash au guichet plutôt que dans les distributeurs automatiques de billets.»
LBP a en effet la responsabilité, avec d’autres banques, de la clientèle fragile financièrement (1,6 million de clients pour sa part, soit près de la moitié des particuliers concernés), mais aussi d’une mission qui lui est propre : mettre à disposition de tous certains services de base avec un fonctionnement spécifique du Livret A, dont la distribution a toutefois été généralisée en 2008. «Nous restons une banque citoyenne. Nous devons accompagner 1,5 million de personnes – et même 5 millions avec leurs familles – dans notre mission publique d’accessibilité bancaire, précise Rémy Weber. Parmi eux, la plupart n’ont pas internet et n’utilisent que peu les distributeurs automatiques de billets : ils se rendent aux guichets de La Poste. En temps normal, sans compter les chargés de clientèle, nous avons 9.500 commerciaux bancaires, salariés de La Poste qui travaillent uniquement pour la banque, dans 1.600 secteurs sur le territoire, soit 3.500 bureaux de poste où ils sont présents physiquement.»
Ma French Bank, néobanque à réseau
Cette imbrication avec le réseau de La Poste a aussi des conséquences dans la continuité de l’activité. «Nous avons aujourd’hui 25.000 personnes en télétravail dans l’écosystème de La Banque Postale : des collaborateurs de La Poste qui sont dédiés à la banque comme des centres financiers», indique Rémy Weber, qui ajoute : «Nous sommes dans une logique de crise, avec une réunion – virtuelle – du directoire tous les matins. Je suis impressionné par l’importance des circuits courts de décision et de la délégation.»
Il s’agit aussi, pour La Banque Postale, de ne pas délaisser ses nouveaux clients. Il y a notamment ceux de Ma French Bank, née en juillet. «Notre néobanque a dépassé nos prévisions avec 165.000 clients actifs, se réjouit Rémy Weber. Mais 70% des ouvertures se font en bureaux de poste, en moins d’un quart d’heure. Cela a sécurisé le lancement. Aujourd’hui, nous devons inciter à davantage de souscriptions à distance.» Il y a aussi ses clients professionnels et entreprises. «La diversification de nos activités nous a permis de mettre en place le dispositif de prêt garanti par l’Etat pour soutenir leur trésorerie», souligne Rémy Weber. Et chacun contribue à l’effort collectif : «Une quarantaine de membres de notre inspection générale s’est mise au service de nos centres financiers, avec d’autres collaborateurs, pour les demandes de crédit et les reports».
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