La Banque Postale est raisonnablement optimiste pour 2018
En dehors de l’officialisation du départ de Jean-Paul Bailly de son poste de PDG, le conseil d’administration du groupe La Poste a annoncé un nouveau projet stratégique 2013-2018. Lequel se substitue au plan Ambition 2015, présenté en 2010. «La révolution numérique a accéléré la baisse du courrier. La crise économique perdure, tout comme l’environnement de taux bas, et la réglementation bancaire se durcit», explique Jean-Paul Bailly.
La Banque Postale demeure un relais de croissance. La part du courrier dans les revenus du groupe devrait passer de 50% à 40% entre 2012 et 2018, celles du colis express et de la banque de 25% à 30% (pour 24 milliards d’euros de revenus).
Contexte oblige, les ambitions de Philippe Wahl, président de la Banque Postale, ont évolué. L’établissement prévoit 6,5 milliards d’euros de produit net bancaire (PNB) en 2018 (+1,1 milliard en cinq ans), contre 6,7 milliards dans Ambition 2015. «Nous anticipons pour la banque un résultat d’exploitation en forte croissance grâce au déploiement de nos produits parallèlement à la maîtrise des charges», indique Xavier Girre, directeur financier du groupe La Poste.
Le potentiel de l’établissement, qui revendique 10,65 millions de clients actifs fin 2013, est encore important: «Notre taux d’équipement atteint en moyenne 3,7 produits par client», rappelle Philippe Wahl, contre près de huit pour ses rivales. L’objectif est de doubler la collecte de dépôts et la production de crédits immobilier et consommation. En crédit immobilier, la part de marché de la banque atteint 5,7%. Elle dépasse 7% en production, dont l’objectif est d’atteindre 10%. Xavier Girre prévient toutefois que cette croissance devra se faire sans augmentation du coût du risque, qui devra rester inférieur à 0,3% de l’encours de crédit.
Mais les espoirs de voir le coefficient d’exploitation descendre sous les 80% dès 2015 sont remisés à 2018. «Notre surliquidité nous rend très sensible à la baisse des taux d’intérêt», illustre Philippe Bajou, DG adjoint du groupe. Le ratio prêts/dépôts, de 50% aujourd’hui, devrait d’ailleurs rester inférieur à 100% en 2018.
C’est pour assurer le développement de sa filiale que La Poste a aussi annoncé une augmentation d’un milliard d’euros des fonds propres de la banque: 200 millions sous la forme de capitaux purs Core Tier 1 et 800 millions sous la forme d’une souscription de titres hybrides Tier 1. Son ratio Core Tier 1 passera alors à 10,6% et le Tier 1 à 14%.
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