La banque de détail demeure sous pression en France
L’accélération de la croissance française a eu un impact sur l’activité des banques au deuxième trimestre. Mais cette dynamique peine à se traduire dans les comptes de résultats du fait de l’environnement de taux. Selon Citigroup, la croissance des encours de crédit a ainsi totalisé 6% sur le trimestre, mais la marge nette d’intérêt du secteur a malgré tout dévissé de 5%. Cette baisse n’a été que partiellement compensée par des commissions en hausse de 4%, qui se nourrissent des renégociations et frais de tenue de compte mais aussi d’une collecte plus dynamique dans la gestion d’actifs et l’assurance.
«Les directions ont indiqué que la pression sur la marge d’intérêt continuera dans les prochains trimestres, même si la croissance des volumes l’atténue, et que le rythme des renégociations ralentit», soulignent les analystes de Citigroup. Lors de la présentation des résultats de BPCE, le président du directoire du groupe, François Pérol, a ainsi estimé que la pression sur le produit net bancaire (PNB) de la banque de détail, stable au deuxième trimestre, ne s’infléchirait que dans le courant de 2018, voire en 2019. Malgré la forte baisse du coût du risque, généralisée dans le secteur, le résultat du pôle de BPCE a baissé de 2,9% sur le semestre.
Après avoir grimpé à 5,2 milliards d’euros sur le seul quatrième trimestre 2016, les encours renégociés chez LCL ont reflué à 1,6 milliard au deuxième trimestre, dont seulement 400 millions en juin, un montant en ligne avec les «niveaux historiques», a souligné Jérôme Grivet, directeur général adjoint de Crédit Agricole SA. Si ces renégociations génèrent de façon non récurrente des commissions qui alimentent les revenus, elles abaissent en revanche la génération d’intérêt des encours. Grâce à une hausse de 10,7% de ses encours sur un an, LCL a néanmoins enregistré une hausse de 1% de son PNB grâce à cet effet volume, et vise une stabilité des revenus sur 2017.
Moins dynamiques que prévu, avec une hausse de 1,2% sur un an, les encours de crédits de la Société Générale n’ont pas compensé l’effet taux, avec un PNB en baisse de 1,8%. La banque rouge et noire constate elle aussi le ralentissement des renégociations mais demeure conservatrice en anticipant une baisse de 3% à 3,5% de ses revenus sur 2017. Du côté de BNP Paribas, qui a lancé la simplification de l’organisation de son réseau, la hausse de 8,3% des encours a traduit une base de comparaison faible, et le résultat net de la banque de détail a baissé de 6,8% malgré des coûts quasi stables.
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