Les banques de détail françaises portent le fardeau des taux bas
Les revenus des banques de détail françaises restent sous pression. Après les annonces de BPCE et BNP Paribas fin juillet, Société Générale a subi un repli de 2% de son produit net bancaire dans l’Hexagone au deuxième trimestre, hors impact PEL/CEL. Même constat au Crédit Agricole, où les caisses régionales ont tout juste enregistré une stabilité de leur produit net bancaire grâce au dynamisme des commissions, tandis que LCL a vu ses revenus dévisser de 8,3% sur un an.
«LCL continue à souffrir des renégociations, avec une accélération au deuxième trimestre. Elles représentent 8,8% des crédits à l’habitat contre 8,7% au premier trimestre et 24% sur 2015. (...) L’ajustement des marges à la baisse va se prolonger au second semestre», écrit Oddo. Concernant la Société Générale, «les revenus baissent du fait de la pression sur les marges liée au repli des commissions de remboursement anticipé, malgré une bonne dynamique commerciale».
Dans un environnement de taux très faibles, des effets contraires sont en effet à l’œuvre dans le compte de résultat des banques. Dans le sillage de la reprise du crédit, les encours ont progressé de 3,5% au deuxième trimestre chez Société Générale, de 6,9% chez LCL et de 3,2% dans les caisses régionales du Crédit Agricole. Les encours des réseaux des Banques populaires et Caisses d’épargne ont progressé de 4,7%. Seuls ceux de BNP Paribas se replient (-1,4%).
Malgré cette hausse des volumes, les banquiers français affichent tous une contraction de leur marge d’intérêt, particulièrement marquée chez BPCE (-6,3%) et BNP Paribas (-3,7%). Ceci traduit la baisse des taux de production des crédits et la concurrence, ainsi que les vagues de renégociations et de remboursements anticipés, qui génèrent néanmoins à court terme des commissions. En baisse respective de 54% et 25% sur un an dans les caisses régionales du Crédit Agricole, ces vagues «restent à des niveaux élevés», soulignent la banque verte.
Favoriser les synergies
«Il y a la même marge d’intermédiation entre des taux de 0% et 2% qu’entre 2% et 4%, mais le phénomène en marche d’escalier des renégociations et des remboursements masque cette réalité», explique Philippe Brassac, le directeur général de Crédit Agricole SA. Si la période actuelle s’apparente à une transition, elle pousse néanmoins les banques à modifier leur modèle économique en faveur de synergies avec les autres métiers, génératrices de commissions.
Au cœur du nouveau plan stratégique de Crédit Agricole, cette approche est aussi celle de Société Générale Entrepreneurs, l’offre de la banque rouge et noire alliant banque de détail, BFI, banque privée et private equity. Au premier semestre, la Société Générale a revendiqué 2.800 nouvelles entreprises clientes (+7,7% sur un an). Les caisses régionales du Crédit Agricole ont elles enregistré une hausse de 4,5% de leurs commissions grâce à l’assurance vie et l’assurance emprunteur.
Si les banques françaises luttent contre des vents contraires sur leur marché domestique, elles ont rencontré des fortunes diverses à l’étranger. Crédit Agricole a dû affronter une baisse de 7,9% de ses revenus en Italie, des hausses de taxe en Pologne et des effets de change négatifs en Egypte. En hausse de 4,6%, à 1,9 milliard d’euros, les revenus de la Société Générale ont en revanche bénéficié de la reprise roumaine, de l’accalmie en Russie et du dynamisme en Afrique.
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