La Banque d’Angleterre prend au sérieux le risque de restriction du crédit
Alors que le Comité de Bâle a maintenu hier sa doctrine, la Banque d’Angleterre (BoE) a changé de ton et a mis hier en garde ses établissements financiers sur la nécessité d'éviter un «credit crunch» par un excès de zèle sur leur capital et leur niveaux de liquidité. Dans un communiqué publié juste après sa réunion trimestrielle le 20 septembre dernier, le FPC, le Financial Policy Committee, créé cette année afin d’assurer un meilleur lien entre la politique monétaire et la supervision bancaire, signale que «les marchés financiers ont subi des tensions sévères» depuis sa dernière réunion de juin.
Au vu de la détérioration des conditions économiques, le comité avait alors invité les banques britanniques à renforcer encore davantage leurs niveaux de capitaux, si leurs bénéfices étaient élevés. «Mais les événements ont considérablement diminué la possibilité pour les banques de renforcer leur bilan de cette manière sur le court terme», reconnaît aujourd’hui le comité. Les prêteurs britanniques, qui figurent déjà parmi les mieux capitalisées dans le monde avec un ratio supérieur à 10%, sont dorénavant invités à se saisir de toutes les opportunités pour renforcer leur bilan. «Cela pourrait inclure un relèvement du financement à long terme dès que possible et un ajustement des récompenses discrétionnaires si les bénéfices sont moindres» souligne le FPC. Autrement dit, moins de bonus et de dividendes.
En revanche, les banques sont vivement encouragées à continuer à prêter autant que possible aux ménages et aux entreprises pour maintenir l’économie du pays. Et à éviter toute mesure qui pourrait accroître le risque de spirale négative sur l’offre de crédit. «A l’heure actuelle, des mesures prises pour augmenter les ratios de capital ou de liquidité pourraient aggraver la boucle entre le secteur financier et l'économie au sens large, et sont donc à éviter», plaide le FPC. Un ton singulièrement accommodant alors que Londres a imposé à ses banques des ratios supérieurs à ceux du Comité de Bâle.
Selon l’enquête trimestrielle publiée hier par la BoE, l’offre et la demande en matière de crédits immobiliers ont progressé au cours du dernier trimestre. Les perspectives pour le dernier trimestre de l’année sont en revanche très pessimistes: l’ensemble des prêteurs s’attendent à un niveau de défauts plus élevé au cours des prochains mois.
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