La baisse des effectifs bancaires s’accélère en France
Bousculées par la vague numérique et la concurrence croissante des fintech, les banques françaises taillent toujours plus dans leurs effectifs. En 2017, le nombre de salariés au sein des établissements de la Fédération bancaire française (FBF : banques commerciales, coopératives et mutualistes) s’est inscrit à 366.200, en baisse de 1,2%, après un recul de 0,3% en 2016. En 2014 et 2015, la décrue avait atteint 0,6% et 0,9%.
«On observe des regroupements d’agences mais cela reste modéré. Il n’y a pas de désertification bancaire dans les territoires ruraux, a voulu nuancer Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la FBF, en présentant hier les statistiques annuelles de l’emploi dans le secteur compilées par l’Association bancaire française (AFB, qui représente les banques commerciales). Dans la zone euro, l'évolution du nombre d’emplois et d’agences bancaires depuis 2009 est en baisse beaucoup plus sensible qu’en France». Néanmoins, la compression des effectifs dans l’Hexagone est appelée à se poursuivre d’autant que les départs à la retraite, eux, ralentissent. Sur 14.000 départs en 2017 dans le périmètre des banques commerciales, 4.110 sont liés à la retraite contre 4.375 l’année précédente. «Dans quatre-cinq ans, la pyramide des âges va évoluer avec moins de départs à la retraite», a admis la directrice générale de la FBF.
Côté embauches, le secteur reste un des premiers employeurs du secteur privé, avec 42.200 recrutements en 2017 pour l’ensemble des banques (41.100 en 2016). «L'évolution numérique se traduit aussi par une montée des compétences», a souligné Marie-Anne Barbat-Layani en précisant qu'à 63%, le taux de cadres a crû de huit points en cinq ans. Les métiers commerciaux, de l’informatique et des risques-conformité sont particulièrement en recherche de candidats, et les recruteurs apprécient les profils juniors : 50% des 18.600 embauches de l’AFB ont concerné des jeunes de moins de 30 ans.
Par ailleurs, les banques aiment de plus en plus les alternants. Elles en ont accueilli 6.500 en 2017, avec «un taux de transformation en CDI très élevé autour de 80%», a commenté André-Guy Troche, directeur des affaires sociales de l’AFB. Une ombre apparaît cependant au tableau des chiffres de recrutements : le taux de démission (hors mobilités intra-groupes) dans les établissements de l’AFB a bondi de près de 10 points en deux ans, passant de 27,7 % en 2015 à 36 % en 2016. Un signe, peut-être, de la difficulté à fidéliser les nouveaux venus dans la profession.
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