KBC ampute ses résultats à court terme pour faciliter son plan de cessions
La direction de KBC, qui doit encore rembourser 4,67 milliards d’euros d’aides publiques d’ici à fin 2013, dont une grande partie dès cette année, se dit «déterminée» à poursuivre son plan de cessions d’actifs. Et elle est prête à en payer le prix. Au deuxième trimestre, la banque belge a ainsi déprécié de 1,2 milliard d’euros au total la valeur des cinq actifs qu’elle souhaite vendre: Absolut Bank en Russie, NLB en Slovénie, KBC Banka en Serbie, KBC Deutschland et la Banque diamantaire anversoise.
Ces pertes de valeur provenant en grande partie du goodwill, leur impact sur le capital réglementaire n’est que de 0,6 milliard d’euros. KBC assure que l’effet négatif «disparaîtra intégralement lorsque ces désinvestissements seront bouclés, principalement grâce à la libération d’actifs pondérés par le risque, soit 5 milliards d’euros au total». En attendant, ces dépréciations plombent les comptes du deuxième trimestre. KBC essuie ainsi une perte de 539 millions d’euros contre un bénéfice de 333 millions un an plus tôt. En revanche, les résultats sous-jacents de KBC ont rassuré, avec un bénéfice net récurrent de 372 millions, supérieur de 13% au consensus.
Selon les analystes, ces dépréciations, dont le principe était largement attendu, ne devraient pas empêcher KBC de rembourser ses aides dans les temps, même si, comme l’indique Cheuvreux, l’impact positif sur le capital des prochaines cessions devait être moins fort qu’espéré. «Compte tenu d’un ratio core tier-1 pro forma de 13,4%, KBC dispose d’une marge de manœuvre suffisante pour rembourser 3 milliards d’euros d’aides à l’Etat belge, augmentés de 15% de pénalité, tout en maintenant son ratio au-dessus de 10%», estime ABN Amro. KBC s’attend pour sa part à un ratio sous Bâle 3 de 9,5%.
De quoi rassurer sur la solvabilité du bancassureur belge. D’autant que, comme le rappelle Natixis, «la réserve de liquidité atteint 39 milliards d’euros, couvrant 216% du besoin de liquidité à court terme.» Le ratio crédits sur dépôts s’élevait à 83% fin juin. KBC devrait émettre à la fin de cette année, ou début 2013, son premier covered bond, la loi belge permettant désormais de telles obligations.
Plus d'articles du même thème
-
Kevin Warsh propose une Fed «moins communicante»
Les acteurs du secteur financier peuvent y voir une évolution potentiellement positive si cela permet de réagir plus vite et mieux aux données. On peut cependant encore douter que le banquier central nommé par le président Donald Trump soit celui qui cherche ainsi à dépolitiser la Fed. -
Le M&A s'alimente de nouveau au gros gibier
En dépit de moindres volumes, la valeur des opérations de fusions & acquisitions a rebondi durant ce premier semestre 2026, un début d'année marqué par des transactions de grande envergure. L'intérêt des investisseurs se concentre notamment sur les secteurs des télécommunications, de l'énergie, des infrastructures et de l'intelligence artificielle, relèvent les banques d'investissement. -
CRH change de braquet aux Etats-Unis
L’acquisition d’Arcosa en numéraire pour 8,5 milliards de dollars, dette incluse, renforcera la position du groupe irlandais de matériaux de construction dans les infrastructures et l’énergie.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- L'espoir de paix au Moyen-Orient donne un élan mesuré aux actions européennes
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
AdaptationClimatisation : la grande bascule des politiques
Face aux canicules à répétition, le débat sur le dérèglement climatique n’existe plus. Il se déplace sur l’adaptation. En se cristallisant sur la seule question de la clim, devenue très politique -
Commerce internationalLe commerce maritime international en mode agile
De la mer Rouge au détroit d'Ormuz, les crises géopolitiques rebattent les cartes du transport maritime. Armateurs, assureurs et transitaires s'organisent désormais pour naviguer dans un monde où l'incertitude est devenue la norme. A l'occasion du Rendez-vous ParisMAT qui se tient aujourd'hui et demain à Paris, petit tour d'horizon de ce nouveau quotidien -
EXCLUSIFDominique de Villepin : « Il faudra revenir à une taxe carbone »
Retour de l’ISF, taxe carbone, fonds souverain de 100 milliards… L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac dévoile en exclusivité les grandes lignes de son programme économique pour l’élection présidentielle de 2027