JPMorgan met en garde contre le coût d’une inflation réglementaire
JPMorgan s’invite dans la guerre des chiffres sur le coût des nouvelles régulations financières. Dans une étude publiée hier, les analystes actions de la banque américaine ont évalué à 221 milliards de dollars (162 milliards d’euros) le capital additionnel dont le secteur aurait besoin si l’ensemble des pistes à l’étude étaient adoptées. Les banques britanniques en supporteraient à elles seules 41%, alors que les grandes maisons américaines ressortiraient relativement mieux loties avec 44 milliards de supplément de fonds propres à trouver.
Quant au manque à gagner lié aux nouvelles règles, il atteindrait 110 milliards de dollars en termes de résultat avant impôt.
Comme toute étude, celle-ci a ses biais. Elle couvre 16 banques internationales. Le Crédit Agricole, par exemple, très concerné par les nouvelles règles en préparation au Comité de Bâle, dites «Bâle III», en est exclu. Elle part aussi d’une hypothèse maximaliste: 100 % des règles «Bâle III» seraient appliquées en l’état, alors que ces propositions seront sans doute amendées d’ici à la fin de l’année, et adaptées par les régulateurs nationaux. De même, JPMorgan calcule l’impact d’une taxe «Tobin» sur les transactions financières qu’aucun grand pays n’a adoptée.
Mais le message envoyé aux politiques et aux régulateurs est limpide. L’empilement des nouvelles règles ferait tomber de 13,3% à 5,4% en 2011 le retour sur fonds propres des grandes banques internationales. Pour maintenir leur niveau de profitabilité, celles-ci devraient augmenter de 33% en moyenne leurs tarifs, aussi bien en banque de détail qu’en banque d’investissement. Même en réduisant les bonus à zéro, la hausse de prix atteindrait 26%. Avec des effets négatifs sur l’ensemble de l’économie.
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