JPMorgan fait profil bas dans la banque d’investissement

Les revenus de la BFI ont chuté dans toutes les activités au troisième trimestre. Le groupe reste très prudent pour la fin 2011 et l’an prochain
Alexandre Garabedian
Jamie Dimon. Photographe: Ramin Talaie/Bloomberg
L’idée d’un « Macron trade » devrait faire long feu sur les marchés  - 

JPMorgan confirme le coup de fatigue des banques d’investissement au troisième trimestre. En excluant un gain imposable de 1,9 milliard de dollars lié à la dépréciation de la propre dette de la banque, la BFI a dégagé des revenus en baisse de 38% d’un trimestre à l’autre et de 18% sur un an. Et si le bénéfice net du groupe affiche un recul de 4% sur un an à 4,26 milliards de dollars (3,1 milliards d’euros), le repli réel, corrigé de l’effet dette, avoisinerait les 33%.

Tous les métiers de la BFI ont souffert. D’un trimestre à l’autre, les revenus du fixed income plongent de 34% à 2,4 milliards (-14% sur un an). En banque d’investissement, les commissions chutent respectivement de 46% et 31% sur les deux périodes de référence. Qu’il s’agisse du conseil (-39% sur trois mois), du primaire actions (-61%) ou du primaire dette (-43%), toutes les activités ont pâti des turbulences de marché cet été.

Sans annoncer de nouveau plan d’économie massif dans la BFI, Jamie Dimon, le directeur général du groupe, a prévenu que «l’effectif va encore être réduit ici ou là dans les 18 prochains mois», d’un millier de collaborateurs «ou plus». Le quatrième trimestre devrait être dans la ligne du précédent, et le groupe juge «difficile de ne pas être prudent» pour 2012 en banque d’investissement.

La gestion d’actifs, qui a connu 10 milliards de dollars de retraits dans le monétaire, connaît un trimestre mitigé. En revanche, les activités de détail envoient des signaux positifs. Les prêts immobiliers et la banque commerciale enregistrent une hausse des volumes entre juin et septembre, de même que l’activité de cartes de crédit.

Mais, là aussi, il convient de rester prudent. JPMorgan a provisionné encore un milliard pour des litiges, dont une grande partie est liée à l’immobilier. La nouvelle législation, dite Durbin, sur les cartes de crédit, entrée en vigueur le 1er octobre, qui réduit les marges des banques, pourrait représenter un milliard de dollars par an de manque à gagner au groupe.

JPMorgan en a profité pour détailler son exposition aux «PIIGS»: 15,1 milliards de dollars en net, dont 85% sur l’Espagne et l’Italie. Des montants qui comprennent l’exposition aux banques et les prêts aux entreprises des pays concernés.

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