JPMorgan et Bank of America sous pression pour solder le coûteux héritage des subprimes
Deux des plus importantes banques américaines pourraient bien consentir à verser aux autorités des amendes d’un montant historique en lien particulièrement avec leur pratiques de titrisation des prêts hypothécaires ayant participé à l’éclatement de la crise financière. Hier soir, le Financial Times assurait que Bank of America se voit exiger plus de 6 milliards de dollars de la part de la FHFA (Federal Housing Finance Agency), le régulateur des agences de refinancement du crédit hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac.
La FHFA a entamé des poursuites à l’encontre de dix-sept banques pour avoir délibérément menti quant à la qualité de produits structurés adossés à ces créances hypothécaires (MBS, Mortgage-backed securities) cédés aux agences para-publiques. Parmi les banques poursuivies, JPMorgan pourrait dévoiler ces prochains jours un accord inédit avec les autorités américaines, à savoir le versement d’une amende de 13 milliards de dollars. Le mois dernier, diverses sources avaient évoqué un montant de 11 milliards de dollars, sans qu’un accord ne soit divulgué.
Ces derniers jours, de multiples sources faisaient état d’un accord préliminaire noué vendredi soir aux Etats-Unis. Un accord conclu par téléphone directement entre le directeur général de JPMorganJamie Dimon et le ministre de la Justice Eric Holder, alors que la banque a subi au troisième trimestre sa première perte en dix ans en enregistrant une nouvelle provision de 7,2 milliards de dollars pour risque juridique, portant le montant total à 23 milliards. La FHFA récolterait directement quelque 4 milliards de dollars dans le cadre de l’accord de principe noué vendredi. Ce dernier inclurait en outre 4 milliards de dollars destinés à dédommager des emprunteurs lésés par les pratiques de la banque. Reste toutefois encore à négocier le caractère « négligent » ou « volontairement fautif » de la banque dans son traitement des crédits hypothécaires.
La nouvelle ne solderait pourtant pas la totalité de l’héritage juridique né de la crise pour JPMorgan. Objet d’âpres négociations, une procédure intentée au pénal en Californie concernant encore les subprimes ne serait pas abandonnée par les autorités, tandis que JPMorgan doit notamment faire face à des accusations de corruption en Chine ou avec d’autres banques de manipulation des taux interbancaires de référence.
Plus d'articles du même thème
-
La purge des stratégies «momentum» se poursuit
Le renversement du «momentum trade» en juillet sur les semi-conducteurs, après un semestre d'excès, profite à d'autres stratégies. Les valeurs décotées et à faible volatilité prennent leur revanche. -
UBS affiche de nouveaux encours records en gestion d'actifs
La banque suisse a collecté plus de 6 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026. Elle gérait 2.228 milliards de dollars à fin juin. -
CMA CGM finalise l'ouverture du capital de certains de ses ports à la société de gestion Stonepeak
L'opération qui passe par la création d'une coentreprise avait été annoncée en janvier 2026 pour une valorisation de près de 10 milliards de dollars.
ETF à la Une
T. Rowe Price crée le poste de responsable des solutions ETF pour la région EMEA
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- La BCE suit la boussole des marchés
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
- BNP Paribas tient les promesses faites aux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Ecce EcoDette publique : en route vers 130 % du PIB ?
Un scénario de hausse continue de la dette publique est assez plausible, pour au moins quatre raisons... -
Russia TodayXenia Fedorova, « relais des campagnes de désinformation », visée par un arrêté d’expulsion
L’ancienne directrice de RT France, intervenante régulière sur la chaîne CNews, s’inscrit comme un « relais des campagnes » visant à « déstabiliser l’ordre public », selon les autorités. -
« Ne touchez pas à notre sport » : pourquoi le monde du foot se soulève-t-il contre la Fifa et son président ?
Gianni Infantino, président de la Fifa, veut créer une filiale pour gérer les droits médias et commerciaux des compétitions et l’ouvrir à des investisseurs extérieurs, notamment à des proches de Trump