JPMorgan envoie un message positif pour le secteur bancaire
Première des grandes banques américaines à publier ses résultats à fin juin, avant Citi et Wells Fargo aujourd’hui, JPMorgan Chase était attendue, quelques semaines après le vote sur le Brexit. Le groupe a réalisé sur le trimestre avril-juin un bénéfice net de 6,20 milliards de dollars (5,59 milliards d’euros), en repli de 1,4% sur un an, mais supérieur aux attentes des analystes financiers. Le bénéfice par action (BPA) ressort en hausse à 1,55 dollar contre 1,54 dollar à données comparables il y a un an, dépassant largement le consensus Thomson Reuters I/B/E/S, qui le donnait à 1,43 dollar.
Si le groupe a accru ses provisions pour créances douteuses, notamment dans le secteur du pétrole, il a aussi bénéficié de la croissance du crédit. Lors d’une téléconférence, la directrice financière du groupe, Marianne Lake, a déclaré que la croissance des prêts concernait tous les segments et qu’elle reflétait la bonne santé de l'économie américaine. Autre bonne surprise, les revenus de trading, notamment dans le fixed income, ont nettement progressé par rapport au deuxième trimestre 2015, à 5,6 milliards de dollars au lieu de 4,5 milliards il y a an un an. Seule la division gestion d’actifs a fait moins bien que l’an dernier en termes de revenus.
Les dirigeants de JPMorgan avaient déjà indiqué qu’avril et mai marquaient un redressement du trading, mais les questions portaient hier sur l’impact de l’avant et après-référendum sur le Brexit du 23 juin. Depuis le début du troisième trimestre, les volumes de transactions ont été « convenables » mais il faut s’attendre à ce qu’ils subissent la baisse saisonnière habituelle, a déclaré Marianne Lake. Le vote en faveur du Brexit a également conduit à un aplatissement des courbes de taux et a repoussé les perspectives d’une nouvelle hausse des taux Fed, ce qui est défavorable aux marges des banques américaines.
Si les résultats de JPMorgan ont envoyé un message positif pour l’ensemble du secteur, le groupe s’est gardé de tirer des conclusions hâtives sur l’effet d’un Brexit pour ses activités à Londres. Alors que son PDG, Jamie Dimon, avait évoqué l’hypothèse de transferts de personnel, Marianne Lake a indiqué que les discussions en ce sens n’en étaient qu'à leurs «balbutiements». JPMorgan emploie 16.000 collaborateurs au Royaume-Uni.
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